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LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE

Un film de Rémi Bezançon

La famille vue autrement

Marie-Jeanne et Robert Duval ont trois enfants : Albert, Raphaël et Fleur. Le portrait de leur famille s’esquisse sur une douzaine d’années, à travers cinq journées particulières. Cinq jours décisifs dans la vie d’une famille de cinq personnes, cinq jours plus importants que d’autres où plus rien ne sera jamais pareil le lendemain…

« Le premier jour du reste de ta vie » est le deuxième film de Rémi Bezançon. Dans l’enthousiasmant « Ma vie en l’air », il peignait avec un humour détonant les affres d’un trentenaire qui ne s’y retrouvait pas entre ses péripéties amoureuses et sa peur invétérée de l’avion. Ici, le réalisateur se penche sur un sujet universel, complexe et surtout mille fois vu au cinéma et donc, dangereux : la famille. Car si l’identification est assez immédiate, le cliché n’est jamais loin, et même parfois inévitable. L’adolescente grunge dont le confident est le journal intime planqué sous le matelas, le glandeur aux cheveux longs qui joue à Tomb Raider à longueur de journée, la mère dépassée en manque de tendresse conjugale… Tout y passe. Mais tout passe. Et magnifiquement. On rit beaucoup, on se reconnaît sans cesse, on est ému souvent.

Si ce film est une comédie très réussie, c’est aussi un kaléidoscope d’émotions humaines. On passe du rire aux larmes (avec quand même plus de rires que de larmes) sans même s’en rendre compte tellement le scénario est bien agencé. L’un des points forts du film est l’absence totale de temps mort. Car sur le papier, le film ne ressemble certainement qu’à une jolie énumération des moments forts de cette vie de famille. Mais à l’écran, le récit s’enchaîne avec fluidité, les changements d’époques et les flash-backs donnent du liant et du rythme plus qu’ils ne créent de cassure. Le casting de cette si attachante famille donne cette impression que nuls autres acteurs n’auraient donné meilleures prestations. Et on savourera avec délectation les courtes mais géniales interventions de Gilles Lelouch en rasta hyper-cool et François-Xavier Demaison en médecin cinéphile déjanté. Et même quand, le temps d’une scène au début du film, le cinéaste touche au potache, on ne peut s’empêcher de lancer un rire plutôt qu’une grimace.

A présent, Rémi Bezançon, j’attends avec impatience le premier film du reste de votre filmographie…

Rémi GeoffroyEnvoyer un message au rédacteur

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