POMPÉI, SOTTO LE NUVOLE
Un documentaire d'une rare beauté, sur la vie en alerte, face à un volcan légendaire
Synopsis du film
Italie. Autour du Volcan le Vésuve, la vie s’est installée depuis des siècles, malgré les dangers liés à cette force de la nature, explosive. Aujourd’hui encore, entre Pompei et Naples, des vies sont menacées, la terre tremblant régulièrement : habitants, archéologues, pompiers, expriment leurs craintes, leur fascination, leur admiration pour l’histoire liée au volcan…
Critique du film POMPÉI, SOTTO LE NUVOLE
Qu'on soit fan ou non de l’œuvre de Gianfranco Rosi (le réussi "Sacro GRA" sur la vie autour de périphérique romain, le superficiel "Fuocoammare" sur les migrants à Lampedusa, le décevant "Notturno" sur le Moyen Orient...), son nouveau long métrage, passé par la Mostra de Venise, d'où il est reparti avec le Prix Spécial du Jury, mettra peut-être tout le monde d'accord. Vision méta d'un territoire soumis à un risque majeur, celui d'une éruption qui s'est déjà produite il y a fort longtemps, trace invisible dans une mémoire collective entre traumatisme et fascination pour Pompei, ville romaine ensevelie, "Pompei, sotto le nuvole" (« sous les nuages » en Français) laisse la parole aux locaux et à leur ressenti de bien belle manière. S'ouvrant par une citation de Cocteau (« Le Vésuve produit tous les nuages du monde »), le film adopte un noir et blanc couleur cendres des plus léchés, pour mieux prendre du recul sur le sentiment de danger.
Ponctuant son portrait plutôt sombre, de respirations prenant la forme de moments où l'on entend des enregistrements d'appels aux pompiers, tantôt dramatique dans ce qu'ils disent de l'humanité (des violences conjugales...), tantôt irrésistiblement drôles, Gianfranco Rosi revient également sur ses thèmes de prédilection : exploitation des gens, migrations économiques, construisant ça et là des parallèles troublants. Questionnant la stabilité d'un territoire, au sens propre (ouvertures de cavités, éboulements, salles de spectacle en ruine...), comme au figuré (traces de l'Histoire, évolutions sociales, refuges divers dont religieux...), le film prend finalement aussi une dimension universelle. On en ressort en tous cas, des images sublimes plein les yeux, avec un aperçu de ce que peut signifier l'(entr)aide (envers certaines populations, entre générations...), conscients que le sentiment de peur, répandu, n'est pas la bonne direction.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur



