POLICE FLASH 80
Une comédie réjouissante, orientée parodie, mais qui exploite de multiples belles idées
Synopsis du film
1984. Suite à la mort du mythique inspecteur Lanski, retrouvé sous un vide ordure dans une poubelle, une unité d’élite, visant à lutter contre le trafic de drogue est créée et dénommée Police Flash 80. À sa tête, c’est Yvon Kastendeuch, flic à l’ancienne au sérieux questionnable et porté sur la bouteille, qui est nommé. Mais heureusement, celui-ci devra composer avec les membres de son équipe : Guilaine, maman surmenée qui désespère du côté inculte et des raisonnements foireux de son boss, Salim dit Marfoud, un geek fan de téléphonie et notamment du Minitel, et le nouveau, Roberto, qui aura pour mission de s’infiltrer…
Critique du film POLICE FLASH 80
Avec "Police Flash 80", nul doute que les costumiers et accessoiristes, ainsi que les coiffeurs, comme les directeurs artistiques s’en sont donné à cœur joie pour restituer la couleur d’une époque à la fois source de ringardise et de nostalgie. Si Yvon, le personnage central, a des airs du Commissaire Moulin et des allures de Starsky (sans Hutch) ce n’est pas pour rien. Mais l’élément qui prête à sourire, presque à chaque scène, ce sont les coiffures, particulièrement celle de Guilaine (Audrey Lamy) telle celle d’une Mireille Mathieu rallongée vers l’arrière, sensation qu’amplifient ses grandes lunettes, et celle de Roberto (Xavier Lacaille), façon Limalh, au mulet toujours aussi ridicule aujourd’hui (malgré la mode en cours) dans les teintes blondes. Avec bien entendu de nombreux clins d’oeil à l’époque, le rendu est peaufiné avec l’irruption de nombreux tubes iconiques de cette décennie, du Cargo de Nuit d’Axel Bauer lors de l’introduction d’Yvon, jusqu’au générique de Gym Tonic, l’émission d’aérobic de Véronique et Davina, sur un mitraillage, en passant par Étienne, Étienne de Guesch Patti, Kolé Séré de Kassav ou encore Paris Latino de Bandolero. Autant de tubes qui allient ringardise assumée et effet d’entrainement.
Car de rythme, "Police Flash 80" n’en manque pas, enchaînant les comiques de situation ou de décalage, dans les attitudes de chaque personnage, comme dans le gap entre un chef à la masse (François Damiens excelle dans les excès de ce flic aussi pourri, fainéant et direct, qu’inconscient de sa propre beaufitude) et ses coéquipiers ou supérieurs. L’introduction d’Yvon vaut d’emblée pour son niveau de détail, avec camembert moisi dans le frigo, ongles coupés sur la table basse, avant qu’on ne nous jète sa bêtise au visage lors d’une scène de sensibilisation d’élèves aux dangers de la drogue hilarante. Si le scénario d’ensemble est sans réelle surprise dans ses ressorts, avec pour méchant de service un Thomas Ngijol inspiré, c’est dans la multitude de détails et de trouvailles que réside le plaisir pris au visionnage. De l’utilisation du fax aux aspects fan de Michel Sardou du héros, du côté bricolo de certaines explosions à une scène de torture par distributeur de cacahuètes, à quelques dialogues aussi absurdes que savoureux, Jean-Baptiste Saurel, dont c'est le deuxième long après "Zénithal", prouve qu'il n'est en manque ni de références ni d'idées saugrenues.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

