PLUS FORT QUE MOI

Un film de Kirk Jones

Vers la reconnaissance d’une maladie méconnue, au travers d’un portrait aussi touchant que drôle

Synopsis du film

2019, une femme force celui qui semble être son fils à rentrer et s’installer dans l’audience dans une grande salle, où la Reine d’Angleterre s’apprêter à prendre la parole. Avant d’aller elle-même s’assoir, elle crie soudain « fuck the Queen ». Mais l’origine de cette cérémonie remonte à 1983, alors que John Davidson, aors adolescent, pendant un exercice de lecture au collège, se met soudainement à avoir des tics nerveux, incapable d’aller au bout. Charrié par ses camarades, les choses vont se compliquer lorsqu’il emmène une copine au cinéma, avec la mère de celle-ci pour chaperon à proximité, et lâchera soudainement un « suce ma bite »…

Critique du film PLUS FORT QUE MOI

C’était un pari risqué (aborder, sous l’angle de la comédie, le syndrome Gilles de la Tourette) qu’avait engagé l’auteur et réalisateur de "Plus Fort que moi", Kirk Jones ("Nanny McPhee", "Mariage à la Grecque 2"). Un pari amplement gagné puisque le film a été un franc succès dans son pays, la Grande Bretagne, et qu’il a récemment valu les prix d’interprétation masculine et de la meilleure révélation au méritant Robert Aramayo aux BAFTAs, coiffant au poteau rien de moins que Leonardo Di Caprio et Thimothée Chalamet. Il faut dire qu’après une partie plutôt attendue, même si émouvante, qui joue avant tout sur l’effet surprise ou de décalage, des situations avec les dialogues truffés d'insultes du personnage, c’est lui qui va porter les trois quarts du film, une ellipse nous projetant de ses 13 à ses 26 ans.

Si Scott Ellis Watson fait déjà des merveilles pour la période débutant en 1983, incarnant une forme de stoïcisme, à laquelle semble succéder une sorte d'abattement, Robert Aramayo réalise un véritable tour de force, puisque son parcours nous mènera jusqu’en 2023, avec l’espoir d’un dispositif ralentissant la maladie. A l’articulation entre les deux, c’est la dislocation de la famille qui prendra place, ajoutant au sentiment diffus de culpabilité du personnage. Un événement qui aura pour conséquence de le rapprocher de sa mère, dans une réconciliation qui s’affirme peu à peu, avec pourtant une forme d’éloignement à la clé avec l'entrée en jeu d'une autre femme. Jouant sur les hauts et les bas en fonction des prises de médicaments et des conséquences de ses « crises », Kirk Jones alterne les moments de drame et de comédie, dans un mouvement qui a pour but d’éviter tout apitoiement. En résultent quelques scènes très drôles qui permettent en même temps de toucher du doigt la souffrance du personnage, d’un improbable entretien d’embauche à une soudaine pulsion d’affection pour des poteaux. Au final, "Plus fort que moi" résonne comme un feel-good movie en forme d’appel à l’intégration, qui retrace avec ce personnage persévérant, l'histoire de la reconnaissance d'une maladie que l'on connaît forcément mal.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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