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PETROLHEADS

Un film de Emil Langballe

Un surprenant documentaire sur une amitié à part, où l’absence de filtre crée décalage et émotion

Synopsis du film

Manson alias Casper, rejoint avec sa voiture customisée à son surnom, son ami Martin sur un terrain vague, où ce dernier veut lui montrer sa Micra. Passionné de voitures, ce dernier, atteint d’une forme d’autisme et d’un trouble de l’attachement, ne rêve que d’une chose : avoir une Honda Civic de 1994. Malheureusement, celui-ci plie la Micra et quelques jours après, est contrôlé positif à la cocaïne lors d’une visite chez sa psy…

Critique du film PETROLHEADS

En choisissant de filmer Casper et Martin, deux amis s’étant un temps perdus de vue, c’est la sensibilité à fleur de peau de ces deux personnages qui est mise en évidence. Car si Martin est atteint d’un trouble autistique, qui augmente ses réactions au moindre stress, l’obligeant à refuser d’aller plus loin dans les discussions qui le contrarient ou le rendent triste, Casper lui n’est pas dupe des mensonges ou des arrangements de celui-ci, que l’on découvre progressivement accroc à la drogue et pas forcément endetté pour rien. Derrière ce qui apparaît au début comme une comédie bienveillante à la manière de "Golo et Ritchie", se profile finalement ici un portrait de l’addiction avec une part sombre liée aux mauvais plans dans lesquels Martin se laisse embarquer.

Se centrant tout de même sur l’amitié entre ces deux grands enfants, blessés par les qualificatifs que le corps médical peut poser sur eux, le metteur en scène danois Emil Langballe incruste, telles des parenthèses annonciatrices du prochain dérapages, des images en caméra subjective de phares sur une route de campagne, la nuit, évoquant une virée sauvage en voiture. Revenant ponctuellement, par quelques images, sur la sortie d’hôpital psy de Martin, dix ans plus tôt, pour mieux rediriger celui-ci vers une solution accompagnée, il nous positionne finalement aux côtés de Casper, découvrant la capacité de Martin à se créer des problèmes additionnels, sans vraiment réaliser la gravité de ceux-ci. Mais il pose aussi ici, à l’image du carton initial, les bases d’une amitié solide, de celles qui durent malgré les ennuis, l’éloignement étant cependant parfois nécessaire pour ne pas couler soi-même avec l’autre. Un documentaire, au final, particulièrement touchant et réservant une certaine dose de suspense.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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