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PENDANT CE TEMPS SUR TERRE

Un film de Jérémy Clapin

Espérer une présence persistante

À 23 ans, Elsa travaille en EHPAD avec sa mère et s’occupe ponctuellement de son petit frère. Ayant été très proche de son frère aîné, Franck, elle souffre de l’absence de celui-ci, spationaute disparu il y a maintenant 3 ans au cours d’une mission. Un jour, auprès d’une antenne qui vibre avec le vent, elle entend la voix de celui-ci et se retrouve à devoir s’implanter une étrange graine dans l’oreille, afin de pouvoir lui parler. Mais à son réveil, non seulement elle ne peut plus extirper celle-ci, mais c’est une voix féminine, venue d’une forme de vie extra-terrestre, qui lui propose de faire revenir son frère, qui a été « désactivé », à condition qu’elle aide 5 d’entre eux à venir sur Terre…

Aucun doute, après "J'ai perdu mon corps", bouleversant premier long métrage (en animation) de Jérémy Clapin, son second long métrage, en live-action, est bel et bien une œuvre de grande ambition. Car pour conter une histoire de survie d’une sœur à la mort d’un frère, celui-ci fait le pari d’un équilibre (certes pas toujours atteint) entre drame psychologique et science fiction. Dans le fond, on ne saura jamais vraiment ce qui relève ici de la réalité, du fantastique, ou de l’imagination d’un cerveau potentiellement malade d’un manque incurable. Et nous voilà au final face à un film d’invasion extra-terrestre aussi minimaliste dans ses effets que troublant.

Ici pas d’effets spéciaux et pas de créatures venues d’ailleurs, ce qui en frustrera peut-être certains, tout restera dans la suggestion, alors que le personnage d’Elsa doit choisir qui sacrifier pour ramener son frère sur terre. Alliant à la réflexion sur le mérite de vivre - forcément écho à l’incapacité de son héroïne à avancer - , quelques passages en animation symboles de la proximité du frère et de la sœur, Jérémy Clapin parvient à nous faire croire, au moins un temps, à cette histoire à part. Et si l’on ne tremble pas autant qu’espéré pour le personnage d’Elsa, celui-ci trouve néanmoins en Megan Northam ("Les Passagers de la nuit", la série "Salade Grecque"…) une interprète à la hauteur de ses enjeux personnels et de l’ambiguïté qu’elle dégage. Un film troublant sur un lien persistant malgré l’absence et l’inégalité face au désir de vie.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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