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PASSION CINÉMA

Deux trajectoires qui s’entremêlent

Les cinémas français et italiens ont eu leurs périodes fastes, qui ont inspiré les films de l’autre pays, mais aussi invité des acteurs ou actrices dans leurs productions propres. À une époque où les coproductions franco-italiennes fleurissent, Francesco Ranieri Martinotti interroge un certain nombre d’acteurs, actrices, réalisateurs, réalisatrices ou scénaristes sur les liens entre ces deux cinémas…

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Débutant son film avec une interview de Bérénice Bejo, qui cite un film rare, "Le Pigeon" (Mario Monicelli, 1958), Francesco Ranieri Martinotti, réalisateur-scénariste, devenu directeur artistique du France Odeon, festival de cinéma français de Florence en Italie et membre du conseil d’administration de la section Journées des auteurs (Giornate Degli Autori) du Festival de Venise, propose de revenir sur les liens entre cinéma français et cinéma italien. Sans surprise, les personnalités françaises mettent l’accent sur l’âge d’or du cinéma italien (la Cinecittà), autant en termes d’émotions et de plaisir que d’influences, citant ainsi les films de Fellini, Ettore Scola, Bertolucci, Francesco Rossi et les figures de Mastroianni ou Gassman. De même, les personnalités italiennes citent principalement la Nouvelle Vague, avec les films de Truffaut, Godard, Resnais, et les figures de Michel Piccoli ou Alain Delon.

Quelques surprises apparaissent de-ci de-là, avec Fernandel et son Don Camillo comme exemple de collaboration entre les deux pays, et des témoignages passionnants de ceux qui ont eu un pied de chaque côté des Alpes, telles Valeria Golino, Fanny Ardant, ou Valeria Bruni Tedeschi (arrivée en France à l’âge de 9 ans). Francesco Ranieri Martinotti mêle ainsi interviews en plans fixes, extraits de films, mais aussi images d’archives, dans une construction qui prend tout son sens dans la deuxième partie du film. Il aborde ainsi la divergence des deux modèles, avec la fin d’une époque en Italie et l’écroulement d’une industrie « qui n’en était pas vraiment une », et le système de financement français qui a assuré la richesse et la continuité de la production hexagonale jusqu’à aujourd’hui. Terminant sur la renaissance d’un cinéma d’auteur italien enclenchée par Nanni Moretti avec notamment Matteo Garonne, Paolo Sorrentino, Gianni Amelio, Emanuel Crialese, le foisonnement du cinéma français et les volontés de collaboration des deux pays, c’est bien d’une déclaration d’amour à deux cinémas qui ont toujours eu des affinités, qu’il s’agit là.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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