OUR TIME WILL COME
De la mère perdue à la famille retrouvée
Synopsis du film
Deux orphelins traversent la campagne ghanéenne dans l’espoir de retrouver leur dernier parent légitime, seul capable de leur rendre une identité. Arrivés à Accra, ils croisent la route des Jackals, une bande de jeunes marginaux, et leur quête bascule…
Critique du film OUR TIME WILL COME
À l’origine de ce film sélectionné au festival de Locarno 2026, il y avait un court métrage, "Vagabonds", qui trouve aujourd’hui, huit ans plus tard, son prolongement avec ce postulat étalé et enrichi pour désormais se narrer en presque deux heures. L’histoire nous plonge au cœur du Ghana, dans la vie de deux gamins, ceux qui donnaient leur titre à l’œuvre première, sans identité officielle, condamnés à l'errance tant qu'ils n'auront pas retrouvé un parent capable de les faire exister aux yeux de l'État. On se dit alors que la narration sera linéaire et le spectateur plongé dans cette quête essentielle, mais leur arrivée dans la ville d’Accra va tout changer, la rencontre avec une bande de jeunes marginaux faisant basculer l’ensemble entre le conte initiatique et le portrait social.
C'est précisément dans cette rupture, de la quête d'une mère à la découverte d'une famille de fortune parmi une bande d'enfants des rues, que le film trouve son cœur et sa matière. Ici, l’identité ne se règle plus par un papier officiel mais se reconstruit dans la solidarité de ceux qui n'ont rien. Évidemment engagé et humaniste, le projet d’Amartei Armar se heurte parfois à quelques facilités scénaristiques, rendant trop prévisibles certains rebondissements, et empêchant le métrage de véritablement prendre son envol. Dans cette fresque devenue chorale, "Our Time Will Come" perd probablement de son efficacité, mais l’émotion qui s’en dégage ne s’en voit jamais altérée. Avec ses débuts au format long, le réalisateur signe un drame puissant, marqué par un vrai geste de cinéma, prometteur à défaut d’être parfaitement maîtrisé. Hâte de voir la suite !
Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur
