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OTHER

Telle mère telle fille ?

Synopsis du film

Après le décès brutal de sa mère, Alice est contrainte de revenir passer quelques jours dans sa maison d’enfance. Cette demeure isolée, figée dans le temps et dans les souvenirs, semble ne pas vouloir laisser repartir Alice avant de lui avoir livré son plus sombre secret…

Critique du film OTHER

L’été vient à peine de commencer et déjà le cinéma de genre nous offre une pépite. David Moreau qui écrit et réalise ce film, met en scène Olga Kurylenko qui porte à elle seule toute l’intrigue et le visage de ce film, littéralement : bien qu’elle croise d’autres protagonistes, elle est la seule actrice dont on voit le visage pendant le film, et les procédés de mise en scène pour y parvenir sont très astucieux. Notre héroïne est aux prises avec les souvenirs de son adolescence : sa mère était obsédée par la beauté et voulait faire d’elle une miss (comme un écho à la carrière de mannequin d’Olga Kurylenko ?). En revenant dans cette maison qu’elle a fuie, elle doit faire face à nouveau à cette rigueur : des plastiques protégeant les canapés aux tupperwares dans le frigo sur lesquels sont indiqués les calories des légumes qu’ils contiennent, toute la maison isole Alice dans le méandre de ses souvenirs et la force peu à peu à sortir de son déni protecteur. Jusqu’au moment où Alice et nous, spectateurs, nous demandons si elle est vraiment seule en ces lieux.

La peur est distillée dès le début du film, d’abord avec la bande son, puis avec le malaise qu’inspire l’endroit. Au fur et à mesure on ne sait plus ce qui provient de notre imagination ou s’il y avait quelque chose au fond du champ, et ça fonctionne. L’usage d’un protagoniste externe, un jeune qui enquête sur les mystères de la forêt entourant la maison, vient multiplier les points de vue de ce presque huis clos, avec malice : difficile de croire qu’un gamin de 14 ans peut installer tout un réseau de caméras pièges dans les bois, mais cela donne de bonnes images sur le vif et l’intervention de ce personnage secondaire donne un second souffle à l’intrigue dans sa deuxième partie. Mention spéciale à la séquence de dénouement qui sera non sans rappeler les plans à la "REC" (2007 par Paco Plaza et Jaume Balagueró) tourné avec une caméra au poing infra rouge. Le film développe avec finesse ses thèmes autour d’une relation mère fille abusive et sur notre rapport à la monstruosité : des indices sont disséminés, mais jamais avant la fin du film nous ne prendrons la pleine mesure de ce qu’il se passe et cela donne un final grandiose. Nous sommes nous aussi, forcés à sortir du déni, d’abord gentiment, puis à grands coups, et on en redemande !

Océane CachatEnvoyer un message au rédacteur

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