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ONE MINUTE IS AN ETERNITY FOR THOSE WHO ARE SUFFERING

Sortir de soi, pour sortir de la dépression

Synopsis du film

À 40 ans, Wesley vit cloîtré chez sa mère, entre sa chambre et la cour, encombrée, où figurent quelques canards et tortues. Cinéphile et lecteur assidu, il est déprimé et pense au suicide, offrant ses réflexions dans une sorte de journal intime vidéo…

Critique du film ONE MINUTE IS AN ETERNITY FOR THOSE WHO ARE SUFFERING

L’une des premières phrases de ce documentaire brésilien (en français "Une minute est une éternité pour ceux qui souffrent") où le réalisateur se filme lui-même, à la manière d’un journal intime, frappe : c’est peut-être « un bon jour pour parler de suicide ». Il faut dire que Wesley Pereira de Castro (accompagné à la réalisation de Fábio Rogério) oscille dans un premier temps entre description de son désœuvrement (un plan d’ouverture sur son visage, alors qu’il est allongé, des plans où il observe, lit ou pisse, un autre où il fait rapidement son CV, suggérant son absence de travail, un autre encore où il filme les lattes du plancher comme des barreaux de prison…), dialogues qui expriment son manque de considération pour lui-même (« je suis de la merde »…) et des élans ponctuels visant à sortir de sa condition : emballement sur certains profils sur les sites de rencontre, message sur le fait de « célébrer la vie », fin sur une chanson « un jour cette tristesse finira »…

Si formellement l’ensemble est de facture particulièrement amateur, un fond politique semble cependant ressortir sur la situation d’une certaine jeunesse au Brésil, privée de perspectives. Wesley se questionne sur la disparition des idées, sur le fait de ne pas être complice du système…. S’il semble aussi dévoiler à demi-mot des enjeux liés aux violences, notamment sexuelles, le côté inutilement provoquant de l’ensemble rend l’ensemble assez indigeste. Qu’il s’agisse de l’obsession pour le pénis, certes commentée, mais largement exposée entre plan où il pisse dans l’évier, expression de la réduction des idées à ces questions là (en montrant bite et cul), et la presque attendue éjaculation finale, sans parler du filmage de son anus qu’il appelle « ma chatte », on sort de ce film aux pulsions suicidaires (le couteau dans l’évier, les médicaments dont on ne sait lequel choisir...) plus que dubitatif. Si l’expérience a un côté thérapeutique pour l’auteur lui-même, elle a bien du mal à rendre le spectateur concerné.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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