OKLAHOMA HONEY
Andrew Patterson cisèle une lumineuse pépite sur le sud américain
Synopsis du film
Amziah King est un des plus gros producteurs de miel d’Oklahoma. Membre d’un groupe de Bluegrass, il veille sur sa communauté avec chaleur et bagout. Lorsque Kateri, jeune femme jadis placée dans son foyer en famille d’accueil se retrouve de nouveau sur son chemin, il l’adopte comme sa fille et entreprend de lui transmettre entreprise et valeurs de la communauté. Jusqu’au jour où la police demande son aide pour solutionner un vol de miel…
Critique du film OKLAHOMA HONEY
"Oklahoma Honey" aurait pu n’être qu’un « Matthew Mc Conaughey movie », tant le portrait de ce producteur de miel du sud américain, leader de sa communauté, bavard comme pas deux et chaleureux comme quatre, représente l’écrin idéal pour le retour au cinéma, six ans après "The Gentleman", du Texan à l’accent traînant.
Après "Mud" de Jeff Nichols, la saison 1 de "True Detective" (Nic Pizzolatto), ou le récent "The Lost Bus" de Kevin McKay, le second film d’Andrew Patterson ("The Vast of night") aurait pu bégayer la carte postale du sudiste rustre, certes, mais qui a des valeurs et, au fond, un cœur d’or. Pourtant, Andrew Patterson transcende et explose tous les cadres, butine de genre en genre. Western poétique, film de transmission, thriller loufoque et revenge movie, "Oklahoma Honey" figure aussi, en guise de colonne vertébrale, un puissant film musical.
Jouée live par la bande d’Amziah King et sa mandoline pendant la première heure, la musique demeure très présente, ensuite, après un brutal switch qui lance le film vers d’autres tonalités, plus sombres. Angelina Lookinglass délaisse alors progressivement son regard d’adoration pour son père adoptif pour un autre, plus dur et déconcertant. Comme un film qui, sans jamais perdre de vue la douceur de ses lumières dorées comme le miel, ni se priver d’audaces visuelles de tous les instants, demande au spectateur un certain degré de lâcher prise, de capacité à se laisser porter sans lutter, pour être apprécié pleinement.
David GossartEnvoyer un message au rédacteur
