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OCEAN FLAME

Un film de Liu Fendou

Deux acteurs flamboyants dans une production à contre-courant

Wang Yao est le leader charismatique d'une petite bande de délinquants, dont l'activité principale est de faire chanter de riches hommes mariés surpris en plein adultère. Un jour il rencontre Lichuan, une jeune femme à l'allure d'ange, qui ne parvient pas longtemps à cacher sa fascination et son attirance pour cet homme à la violence incontrôlable. Pour Lichuan, irrésistiblement attirée, la seule façon de rester à ses côtés est de se résoudre à travailler pour lui en guise d'appât. Entre eux s'établit une relation faite de passion et de haine, où chacun perdra une part de sa liberté...

« Ocean Flame » est un film coup de poing. La passion destructrice des deux protagonistes, mue par une irrationalité qui la rend d'autant plus fascinante, est explorée jusque dans ses plus sombres tréfonds. Elle donne lieu à une alternance entre attraction dévorante et répulsion frénétique. On y trouve à la clé beaucoup de sexe et de violence physique, que seul l'océan est capable d'apaiser. La plage est ainsi le lieu où l'on fait la paix avec les autres et avec soi-même, celui où les deux amants se rejoignent et se recueillent pour expier leurs pêchers.

Les amants terribles sont extraordinaires. Lui n'est pas un saint, il le répète d'ailleurs à plusieurs reprises pour maintenir une distance émotionnelle, et dégage une animalité irradiante. Elle incarne l'ange, toute de blanc vêtue, qui décide à un moment de se livrer toute entière au nom d'un amour qu'elle est seule à assumer. Un couple électrique, sulfureux, qui crève littéralement l'écran, l'un comme l'autre, saisissants par leur beauté et leur absurdité. A travers eux, le film atteint des sommets d'érotisme et de sensualité qui ne laisseront personne insensible.

Le film est construit comme un compte à rebours, avec une première partie dédiée à l'homme, dont la force dominatrice se fait croissante, et une autre dédiée à la femme, dont l'obstination finit par déstabiliser tout le monde. Les rapports s'inversent donc, au coeur d'une intrigue où l'action trouve sa place dans de justes proportions. Si le scénario n'est pas follement original, on y retrouve le lyrisme d'un certain Takeshi Kitano dans « Hana-Bi », la violence milimétrée des films de Park Chan-wook (« Old Boy ») ou encore la fougue émanant des films de Oxide et Danny Pang (« Bangkok Dangerous »). Pourtant il s'agit bien d'une production chinoise, mettant fin à bien des a priori sur un cinéma souvent considéré comme trop intellectuel.

Sylvia GrandgirardEnvoyer un message au rédacteur

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COMMENTAIRES

popopo

mercredi 10 juillet - 6h10

Film malsain et pervers, sans intérêt.

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