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NYMPHOMANIAC - VOLUME 2

Un film de Lars Von Trier

Lars von Trier percute et signe

Après avoir conté à Seligman son enfance et son adolescence, Joe aborde à présent ses expériences adultes afin d’expliquer pourquoi elle gisait, ensanglantée dans la ruelle, quelques heures auparavant…

Intimes depuis le début de la nuit, Joe et Seligman jouent à présent de complicité. Elle le taquine sur son obsession à élaborer des digressions symboliques sur tout, alors que lui, émet quelques réserves sur la véracité d’un de ses souvenirs. Plus confiant l’un envers l’autre, ils vont aborder cette nouvelle partie en révélant chacun, un détail important de leur sexualité. Cette parenthèse dans le récit, va marquer une cassure dans la narration qui, à l’image de la vie de Joe devient plus nerveuse et chaotique.

Prétextes aux souvenirs de la jeune femme, les objets qui « décorent » l’austère chambre de Seligman commencent à manquer. Pour continuer son récit, Joe s’inspire alors de ses propres traces qu’elle a laissées dans cet espace étranger. Ainsi se dessine un cercle vicieux qui va entrainer Joe dans une addiction autrement plus dangereuse qu’elle ne l’était lors de la première partie. Pour souligner d’un trait plus sombre le nouveau visage de ses personnages, Lars von Trier change de comédiens. Charlotte Gainsbourg, au physique de femme-enfant, ne représente pas forcément Joe plus âgée mais la figure tourmentée du personnage. De même que Shia Labeouf sera remplacé à la fin du film par Michael Pas et aura quelques scènes en commun avec Charlotte Gainsbourg, cette dernière ayant basculé plus tôt du côté obscur.

Avec ce deuxième volet, Lars von Trier décortique une autre facette de la perversion. La nymphomanie de Joe dans ses jeunes années n’est immorale qu’au sens « Judéo-chrétien ». Elle collectionne les amants mais ne fait de mal à personne. Dans cette deuxième partie, elle rencontre des hommes dangereux dont l’immoralité n’est plus une question de bonnes mœurs, mais est profondément perverse, voire criminelle. Joe est à présent soumise et ne dirige plus rien, elle est victime de son addiction et va en payer le prix. Le message sous jacent de Lars von Trier apparaît alors, primaire et évident en toute dernière partie du film, offrant à celui-ci une fin cinglante et efficace. La dernière scène résumant à elle seule les quatre heures précédentes. Loin des polémiques et des rumeurs, le diptyque "Nymphomaniac" s’affirme avant tout comme la confirmation du génie esthète et passionné de Lars von Trier. Une œuvre percutante, qui outre des scènes sans équivoque, réussit à nous troubler là où on ne l’attend pas. Du grand art !

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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