NUREMBERG
Des humains comme les autres ?
Synopsis du film
Le 7 mai 1945, alors que la Seconde Guerre Mondiale a fait plus de 70 millions de morts, le Reichsmarschall Hermann Göring se rend à des soldats américains. Le juge américain Robert H. Jackson va alors tout faire pour que ses crimes, ainsi que ceux d’une vingtaine de hauts dignitaires nazis, soient jugés lors d’un procès international. De son côté, Douglas Kelley, psychiatre, est envoyé à la prison secrète de Mondorf au Luxembourg, pour évaluer les prisonniers…
Critique du film NUREMBERG
Un psy qui a pour mission d’empêcher les prisonniers de s’ôter la vie. Un prisonnier manipulateur et sûr de lui. Un juge devenu procureur, mobilisant tous les moyens possibles pour persuader 4 pays alliés de participer à un procès historique. Voilà de quoi alimenter un thriller historique digne de ce nom. Ceci d’autant plus lorsque celui-ci est basé sur des faits réels, relatant le premier procès retentissant, qui donnera les bases d’une justice internationale, et qui permettra d’exposer pour la première fois au monde l’horreur de l’holocauste. Cela donne d’ailleurs l’une des scènes les plus poignantes du film, avec la projection de réelles images d'archives, au milieu d'une séquence de procès qui occupe le dernier tiers du métrage.
Dans l’ensemble, on saluera la qualité du casting, avec en particulier Michael Shannon, parfait de droiture et de détermination dans le rôle du juge Robert H. Jackson, allant jusqu’à mettre les points sur les « i » quant à l’attitude de l’église catholique vis-à-vis du nazisme, et Russell Crowe, surprenant dans le rôle de Göring, résolument ambiguë et par moments glaçant. Rami Malek, lui, ne s’en sort pas mal en psychiatre, même si son personnage souffre d’un manque de fébrilité ou de doute, pour coller notamment à la description finale qui en est faite. Enfin, on notera le rôle plus modeste, mais au final plus complexe que prévu de Leo Woodall ("Citadel", "Bridget Jones : Folle de lui", la série "The White Lotus"), en traducteur accompanant le psychiatre.
Orienté vers le duel psychologique entre le psy, puis le juge et Göring, mais trouvant finalement son équilibre avec les tractations pour obtenir le procès, "Nuremberg" a le mérite d’aborder une page essentielle de l’Histoire, rarement abordée sous forme de fiction depuis le film de Robert Kramer en 1961 ("Jugement à Nuremberg"), hormis avec "Nuremberg" qui mettait en scène Alec Baldwin en 2000. Le film ne pâtit finalement pas des dialogues en anglais, faisant tout de même une part importante à l’Allemand, à l’exception du premier échange entre Göring et un médecin nazi, tous deux parlant étrangement anglais. Et même si le film souffre d’une fâcheuse tendance à souligner sa propre action (la question lancée au juge « vous avez fait chanter le Pape ? » après la rencontre avec le Saint Père, le dialogue appuyé « il s’est échappé » vers la fin…), ou à chercher l’épique là où il ne peut pas être (« allons finir la guerre »...), restent quand même quelques moments glaçants, comme avec l’histoire illustrant le fait qu’ « un allié n’est pas forcément de votre côté », une reconstitution minutieuse et une bande originale d’ampleur signée Brian Tyler.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur


