Bannière Festival d'Annecy 2026 : quotidiennes, sélection, films, critiques

NOTRE HISTOIRE : CHRONIQUES DU CAIRE

Entre destinée familiale et grande histoire

Synopsis du film

Au Caire, en 1967, dans une famille avant tout passionnée de football, le jeune Ahmad, qui rêve de devenir pianiste, commence une correspondance avec une Autrichienne…

Critique du film NOTRE HISTOIRE : CHRONIQUES DU CAIRE

Il existe des films assez magiques, comme "Nos meilleures années", "C.R.A.Z.Y." ou "Le Premier Jour du reste de ta vie", qui nous permettent de traverser plusieurs décennies et d’en ressortir avec l’impression d’avoir vécu aux côtés des personnages. "Notre histoire : Chroniques du Caire" fait partie de ceux-là. Dès le début, on est plongé dans une sorte de chaos perpétuel au sein d’un appartement du Caire où l’intimité n’existe guère, au milieu de protagonistes qui deviennent vite attachants.

Pour son troisième long métrage, le réalisateur austro-égyptien Abu Bakr Shawky ("Yomeddine") développe un récit quasi choral (bien que centré avant tout sur le personnage d’Ahmad) sur trois décennies. Il entremêle avec finesse le parcours de cette famille fictive (librement inspirée de la sienne) et l’histoire de l’Égypte contemporaine, débutant en 1967 sous la présidence de Nasser à la veille de la Guerre des Six Jours pour se terminer dans les années 1980 au début du règne de Hosni Moubarak, en passant par l’ère Anouar el-Sadate. Le tour de force réside dans le fait que le film nous fait ressentir les bouleversements sociaux et géopolitiques alors qu’il se déroule très majoritairement en huis clos.

Tout en se moquant gentiment des superstitions ou de la corruption (avec des running gags savoureux) et en saupoudrant son scénario d’une jolie romance internationale entre le jeune Égyptien et une Autrichienne (interprétée par Valerie Pachner, que l’on reverra très bientôt sur les écrans dans le bouleversant "Seule la vie"), Abu Bakr Shawky propose un film fort en images comme en émotions, où il parvient à donner une illusion de réel, notamment en insérant vraies et fausses archives. Si on perd parfois le fil des enjeux concernant le personnage principal (qui rêve d’être pianiste), l’ambiance générale et les personnages hauts en couleur suffisent à nous saisir sur la longueur.

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

BANDE ANNONCE

À LIRE ÉGALEMENT

Laisser un commentaire