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NOBODY 2

Un film de Timo Tjahjanto

Des vacances de poudre et de sang

Synopsis du film

Quatre ans se sont écoulés depuis son affrontement avec la mafia russe et Hutch Mansell doit encore rembourser les 30 millions de dollars qu’il a détruits. Epuisé par ses missions, il décide de s’offrir une pause et d’emmener sa famille en vacances dans un parc d’attractions de l’Arkansas situé à Plummerville. Mais les choses vont rapidement déraper quand la nature de Hutch va reprendre le dessus…

Critique du film NOBODY 2

On reprend les mêmes et on recommence. Tel pourrait être le synopsis des nouvelles aventures de Hutch Mansell, toujours interprété par Bob Odenkirk (qui assure et donne encore pleinement de sa personne dans cet opus), dans cette suite de l’une des bonnes surprises de l’été 2021 : "Nobody".

Pendant une heure et demi, le long-métrage déroule son cahier des charges : ça discute un peu, puis ça s’énerve, enfin ça bastonne, le sang gicle tout comme les dents, ça fusille, ça explose (mention spéciale au carnage final qui déçoit tout de même dans sa conclusion un peu trop expéditive). La chorégraphie des séquences d’actions ainsi que leur mise en scène permettent une réelle lisibilité de l’ensemble. "Nobody 2" assume pleinement son côté bourrin (justifié par la nature violente du héros et son incapacité à pouvoir faire preuve de diplomatie) et le fait plutôt bien.

Mais voilà, si on peut sourire de revoir les mêmes gimmicks de mise en scène et une variation subtile de la séquence introductive du premier volet, le film doit alors nous raconter autre chose car nous connaissons le véritable visage du héros (élément qui constituait le cœur du précédent long-métrage). Sauf que le scénario rappelle assez celui du premier opus (avec quelques variations, le décor ayant changé, mais sans vraiment de surprise), saupoudré d’un peu plus de famille (vous prendrez bien un peu d’un rapide questionnement sur la filiation et la relation père-fils ?) où tout est cousu de fil blanc avec plus ou moins d’imagination : les poings parlent, les balles fusent, les cadavres s’empilent, la famille est préservée, on rentre à la maison.

Surtout, le scénario ne prend pas le peine de donner une quelconque épaisseur aux personnages secondaires que sont l’épouse de Hutch, incarnée par Connie Nielsen, et le fils aîné interprété par Gage Munroe. Et que dire de l’antagoniste, Lendina, (campée par Sharon Stone) ? Introduite dans une séquence qui nous sert d’apéritif sur sa brutalité, il ne sera quasiment pas exploité pas la suite. Enfin RZA et Christopher Llyod ont encore moins de temps à l’écran que dans "Nobody", surtout pour le premier.

Au final, le long-métrage ne parvient pas à renouveler et dépasser la formule du premier volet, n’ayant plus l’effet de surprise quant à la nature du personnage principal, il peine à la fois à ne pas tomber dans le recyclage d’éléments du précédent opus et à donner plus de consistance aux personnages secondaires.

"Nobody 2" est donc un long-métrage estival décérébré, réussi sur le plan de l’action mais frustrant en termes d’écriture, mais qui pourra contenter les amateurs du genre. Ici, on lui préférera le premier opus.

Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur

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