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NIGHTBORN

Un film de Hanna Bergholm

Un film d’horreur efficace, malgré un sujet rebattu

Synopsis du film

Après une arrivée au cœur d’une forêt de Finlande par un chemin qui se rétrécit peu à peu, envahi par la végétation, c’est une maison délabrée qui se présente face à Jon et sa femme Saga, couple désireux d’avoir trois enfants. Pour cela, Saga a prévu de rénover la chambre dans laquelle elle venait, enfant, passer ses étés, formant progressivement un nid douillet pour le premier né, ceci avant d’entamer 5 ans de congé maternité. Mais une fois le bébé arrivé, Saga commence à se montrer inquiète, puis effrayée et limite paranoïaque, considérant l’enfant comme un monstre et Jon comme trop directif. Il faut dire que le bébé, lorsqu’il tête son sein, lui laisse une marque jusqu’au sang…

Critique du film NIGHTBORN

Certains cinéphiles diront sans doute que "Nightborn", film finlandais, ne fait pas dans l’originalité, après les récents "Mother’s Baby" passé lui aussi par Berlin l’année précédente (et Grand Prix surprise à Gérardmer début 2026) et "Border", film troublant aux personnages ancrés dans les superstitions nordiques. Entre évocation potentielle d’une dépression post-partum prenant des dimensions hors normes, rapport ambiguë à l’enfant, et film horrifique teinté de légendes locales, le film choisit pourtant clairement son camp, livrant quelques visions angoissantes, à commencer par la représentation initiale de la forêt (des branches qui vous accrochent ressemblant à des mains, un tronc dont les nœuds forment un visage déformé…), et une connexion entre une mère et son bébé dont, intelligemment, on ne verra clairement le visage qu’à la toute fin du métrage.

Avec comme principe de présenter en grande partie l’horreur ou le sang comme conséquences directes de gestes naturels (une boucle d’oreille qu’on tire un peu trop fort, une plante qui soudainement pousse dans la moquette et qu’on cherche à arracher…), "Nightborn" s’ancre donc entre visions horrifiques et thriller psychologique, suggérant le déséquilibre mental de la mère, alors en prise à deux ennemis : un mari dirigiste (Rupert Grint, le Ron Weasley de la saga Harry Potter, doté d’une bonhommie d’abord rassurante) cherchant à retrouver du rationnel dans son foyer et un bébé qui fait « mal », au sens propre comme figuré. Certes attendu dans ses rebondissement, le métrage reste efficace, jouant de manière sympathique avec nos nefs sans jamais vraiment se prendre au sérieux, tout en donnant à la nature environnante un rôle intéressant de destructrice ou intégratrice du cocon familial. Un retour aux racines, si l’on peut dire, plutôt réussi.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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