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NI DIEUX, NI MAÎTRES

Un film de Eric Cherrière

Ni captivant, ni vraiment réussi

Synopsis du film

En l’an 1215, un mystérieux étranger sauve une jeune fille d’un bandit de grand chemin et déstabilise, par sa simple arrivée, son village, sa famille et son cœur…

Critique du film NI DIEUX, NI MAÎTRES

Film historique par excellence, "Ni Dieux, ni maîtres" prouve que la maîtrise ou non d’un genre cinématographique peut rendre une production caricaturale et la transformer en mauvais film. En effet, ses types de personnages (l’étranger mystérieux, le méchant seigneur, la sorcière secouriste…), ses voix-off (mystérieuses mais dont les mots sibyllins sont dénués de sens), sa gestion de la luminosité, tout comme le déroulement de son intrigue, forment ici un ensemble déjà-vu dans le cinéma d’époque médiévale. Le début du film est, d’ailleurs, emblématique de cette grossièreté du trait : une jeune fille, se promenant seule dans les bois, est sauvée d’un bandit de grand chemin par un étranger à la "Assassin’s Creed" qui passait justement par là. S'ensuivent de longues scènes silencieuses afin d’entretenir le mystère (censé être séduisant) de ce nouvel arrivant. Le reste du film, quant à lui, n’est qu’un collage de scènes de violences, de viols ou de masculinité ridiculement dépassée.

Ni Dieux, ni maîtres" fait ainsi partie des films, comme "Munch" ou "Showing up", dont le scénario semble avoir été oublié en route. On suit des personnages sans comprendre où ils vont, ce qu’ils souhaitent ou ressentent… et on passe ainsi à côté de leur histoire, sans aucune émotion. La fin du film tente de tracer un fil rouge, beaucoup trop tard pour susciter de l’attention, et n’est ainsi que l’achèvement des loupés du film. Si le jeu des acteurs et la photographie rattrapent un peu ce naufrage, ils sont aussi cause de déceptions : voir le talent de Saleh Bakri si peu exploité après "Le bleu du caftan" produit une frustration énorme.

En bref, un film de plus sur la période médiévale qui, malheureusement, n’apporte rien en termes de propos. Il passe plus de temps à vouloir créer (une époque, du mystère…) qu’à réellement tenter de faire ressentir quelque chose à son spectateur.

Adam GrassotEnvoyer un message au rédacteur

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