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NERVURES

Un film de Raymond St-Jean

Le deuil par les fleurs

Synopsis du film

Isabelle rentre pour le week-end chez ses parents qui habitent dans un village presque désert. Arrivée sur place, elle apprend avec stupéfaction que son père est mort et constate que sa mère semble complètement désorientée. Le nouveau voisin est heureusement un médecin qui semble veiller sur elle. Mais jusqu’à quel point ?

Critique du film NERVURES

"Nervures" est un projet plutôt contemplatif de prime abord, mais il recèle bien des surprises. On suit tout d’abord une fille qui prend conscience de la fin de vie de sa mère récemment veuve. Après quelques années d’éloignement, elle rencontre de nouveau sa propre mère qui semble avoir un comportement erratique et de rares moments de lucidité. Prise de peur et d’une certaine forme de remords, elle prolonge alors son séjour pour prendre soin d’elle. L’inquiétude qu’elle ressent monte crescendo avec la nôtre : lorsque l’on pense que ce sera juste une histoire de fin de vie d’une vieille dame, le réalisateur nous prend à contre pied et nous entraîne dans un cauchemar botanique. Car en effet, cette fin de vie n’est pas si naturelle que ça, et le gentil voisin médecin et son épouse botaniste, ne sont peut-être pas pétris de si bonnes intentions.

Pour que l’on comprenne le sujet, deux lignes de temps nous sont contées : celle du présent, avec la condition de la mère qui se dégrade, et celle d’il y a 2 mois, quand les deux parents sont encore en vie et en assez bonne santé. Le rythme s’en ressent un peu, car le passage de l’une à l’autre nous coupe parfois dans un élan agréable de tension croissante. Mais les thèmes brassés, comme celui de l’amour qui pousse à faire des folies, la gestion de la fin de vie dans la douleur, et tout simplement le deuil, nous tiennent en place et nous permettent de profiter de l’histoire. On s’attache aussi particulièrement à la mère et la fille qui, lorsque la lucidité de l’une revient, forment un duo complice, cela transparaissant à l’écran. Il faut particulièrement souligner le travail incroyable sur les effets pratiques : la beauté, le sens du détail, l’impression de réalité qui s’en détache, ce sont de loin les moments les plus attendus du film pour revoir à nouveau ce qui se développe sous nos yeux, tout en plantes et racines. D’aucuns trouveraient le film verbeux, mais le plan de fin nous laisse de l’air pour réfléchir à la fin de vie ou à ce qu’elle pourrait être.

Océane CachatEnvoyer un message au rédacteur

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