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NAPOLEON ET MOI

Un film de Paolo Virzì

Virzi passe à côté de son sujet avec un film de boulevard

En 1814, sur l'île d'Elbe, Martino voue une haine terrible à Napoléon. Son frère et sa soeur tentent de le calmer quand l'annonce est faite que l'Empereur est envoyé en exil sur l'île. Martino n'aura de cesse de vouloir débarrasser le monde du Tyran, au point de se faire engager comme celui qui recueillera ses mémoires...

Dans le monde du cinéma, il y a la comédie, la tragédie, le documentaire, le vaudeville, le film historique, le film pour adolescents... Paolo Virzi a tellement voulu plaire à tout le monde qu'il s'en est lui-même emmêlé les pinceaux. Reconnaissons tout d'abord les qualités du film : les décors sont exeptionnels, les costumes sûrement représentatifs de l'époque. La caméra est mobile, dynamique, la musique plutôt alléchante. Néanmoins, ni la reconstitution historique, ni la psychologique des personnages, ni même encore l'aspect comique ne viennent sauver le film d'un embourbement inévitable.

Les personnages secondaires sont caricaturaux (avec une soeur hystérique qui passe son temps à hurler, un ami un peu benêt dont tout le monde se moque...), et Daniel Auteuil peine à apporter à son Napoléon un charisme, une présence, un petit quelque chose qui lui aurait évité d'être parfois illégitime, parfois carrément grotesque. Vaudeville à l'italienne, théâtre de boulevard filmé, Virzi fait tourner son film entre trois figures inadéquates et bien trop extrêmes.

Au-delà d'un simple clivage comédie/tragédie, Napoléon et moi souffre cruellement d'un manque d'engagement, au point que rien ne paraît vraiment abouti : ni l'envie de faire rire, ni la diabolisation de Napoléon. Reste le héros, Elio Germano, déjà aperçu dans Romanzo Criminale, qui réussit à charmer dans les (trop rares) scènes où les sentiments prennent le dessus sur une mise en scène caustique, débilisante, et finalement sans saveur.

Lucie AnthouardEnvoyer un message au rédacteur

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