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MY FATHER'S SON

Un film de Sheng Qiu

Un match un peu trop long

Synopsis du film

Qiao vient de perdre son père, un homme brutal et secret qui lui a légué sa passion de la boxe. Il grandit en essayant tant bien que mal de devenir un homme meilleur que ce dernier, mais échappe-t-on vraiment à son héritage ?

Critique du film MY FATHER'S SON

"My Father’s Son" s’ouvre sur une scène prometteuse en termes d’image et d’histoire : deux protagonistes sont en train de boxer sur un ring rétro-éclairé, séquence entrecoupée de vieilles images de boxe, avant de se tomber dans les bras. On comprendra ensuite qu’il s’agit de Qiao et de son père, et qu’il s’agit surtout d’une réalité qui n’a jamais existé, car le père de Qiao était loin d’être un démonstratif, sauf de sa violence. La première partie du film fourmille d’inventivité dans la mise en scène et dans les plans, autant la caméra à hauteur d’un enfant qui apprend la boxe, que le plan filmé à travers une radio qui annoncera le sort funeste du père. Le passé de Qiao est montré dans toute sa complexité : celle d’un enfant aux proies avec un parent perdu, auprès duquel il est dur de rester mais encore plus de partir.

Malheureusement le film perd vite de son intérêt dans sa seconde partie, celle qui explore le futur et donc la vie adulte de Qiao. L’inventivité est reléguée aux évolutions technologiques qui l’entourent. Exemple avec les lunettes de réalité virtuelle pour voir l’échographie en 3D de son enfant à naître, ou avec son modèle d’Intelligence Artificielle boxeur qu’il entraîne tout en cherchant à reproduire son père dans ce dernier. Sur cette idée précisément, le film échoue à faire monter l’émotion et à creuser la psyché du Qiao adulte, somme toute assez banale : il n’a jamais résolu ses conflits avec son père, va le devenir à son tour et se demande s’il a fait mieux. Le réalisateur semble ne pas aller au bout de son propos, et toute l’émotion mise dans le récit de l’enfance de Qiao paraît ici inexistante, dans un univers aseptisé, auprès d’un personnage en thérapie avec une intelligence artificielle. Le problème c’est que la partie adulte de Qiao prend beaucoup de place dans le film, et nous fait presque oublier, à quel point le film démarrait bien.

Océane CachatEnvoyer un message au rédacteur

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