MUTINY
La vengeance est un plat maritime
Synopsis du film
Cole Reed est le garde du corps du patron d’une entreprise de transport maritime basée à Bangkok. Après une soirée de réception et alors qu’il ramenait celui-ci, ils se retrouvent pris dans une embuscade. Malheureusement son patron succombe à cette attaque. Cole Reed décide alors de prendre l’identité d’un des assaillants qui s’avère être un marin sur l’un des porte-conteneurs de la compagnie de son patron. Il embarque alors à bord de celui-ci afin de trouver les commanditaires de l’assassinat…
Critique du film MUTINY
"Mutiny" est le nouveau Statham movie : ce qu’on pourrait désigner comme un long-métrage d’action au scénario type, avec Jason Statham dans le premier rôle, où il incarne souvent un personnage d’ex-flic ou d’ancien militaire qui fait face à de dangereux criminels, dans le but de venger quelqu’un et/ou sauver la veuve et l’orphelin. Dans "Mutiny" c’est la vengeance qui est le moteur de l’action (comme son personnage principal l’indique dans sa réplique finale) durant 95 minutes, avec l’ajout de sauvetage de la veuve et de l’orphelin ici caractérisés par des Bangkokiens victimes de trafic humain, enfermés dans un conteneur.
Le long-métrage a sur le papier tous les atours d’une série B d’action efficace et sans prise de tête. Sauf que malheureusement il échoue sur pas mal de niveaux. Tout d’abord, si le porte-conteneur est le lieu où se déroule 75% de l’action du film et est plutôt bien utilisé dans ses différents espaces pour les déplacements des personnages, les scènes d’actions se retrouvent cantonnées pour la plupart dans des petits espaces restreints et exploitent peu l’ensemble du bâtiment. De plus, elles sont peu marquantes, à l’exception éventuellement du combat final. La mise en scène de Jean-François Richet parvient à leur donner un peu de corps, mais pour le reste, elle demeure sans relief.
Même si le scénario est ultra-balisé et sans surprise, on peut clairement regretter la façon dont il est décidé de faire éliminer par le personnage principal en l’espace d’une séquence de moins de 4 minutes, 60% des antagonistes (séquence répétitive, qui finit par faire sourire et brise tout suspens et adrénaline). Pour ce qui est du traitement du trafic humain, il n’est au fond qu’une façon de renforcer l’implication émotionnelle, un mécanisme similaire avec le fait d’avoir une seconde lieutenant du porte-conteneur, mère de famille qui vient en aide au héros. Au passage, seul le personnage incarné par Jason Statham possède une quelconque consistance et les autres (alliés comme antagonistes) sont caractérisés sans nuance ni application.
Enfin, que dire de l’inutilité scénaristique totale des passages avec la Navy, si ce n’est qu’ils nous informent vaguement du background de chaque personnage présent sur le porte conteneur (mais qu’on aurait deviné aisément). On pourra retenir toutefois qu’il n’y a pas de scènes d’action trop invraisemblables et que contrairement à certains long-métrages du même type, celui-ci ne lésine pas sur les effets gores lors de celles-ci (les corps sont marqués, écorchés, saignent, et parfois quelques éclaboussures viennent sur l’objectif de la caméra).
Globalement "Mutiny" n’offre pas le service minimum de ce qu’on pouvait attendre d’un film d’action de série B. Au final il est un actioner qui se perd dans l’océan des films du même genre, sans vraiment marquer les esprits. À réserver aux fans ardus du castagneur anglais.
Kevin GueydanEnvoyer un message au rédacteur



