MU-KI-RA
Qu’est ce qui fait un monstre ?
Synopsis du film
Dans un village de Colombie, Cleo a bien du mal à canaliser l’énergie de son petit frère Martin, qui ne rêve que de se bagarrer et devenir un « héros » qui combattra les monstres de la forêt. Mais quand celui-ci disparaît en forêt, comme ce fut le cas de leurs parents, elle va s’engouffrer elle-même dans la jungle, croisant un esprit qui lui donne 3 nuits pour retrouver Martin…
Critique du film MU-KI-RA
Film d’animation colombien, "Mu-Ki-Ra" traite de la différence et de la peur qu’elle engendre, créant violence et exclusion de l’autre. Et c’est au travers du portrait d’une jeune fille, Cleo, lancée à la recherche de son frère, Martin, que va se développer cette histoire de disparitions en forêt et de créatures étranges. Une histoire ponctuée de chansons, plutôt entraînantes et teintées de rythmes locaux (les percussions ont leur importance), qui viennent faire avancer une trame tournée vers le vivre-ensemble et le respect de la nature, tout en incluant quelques figures folkloriques, avec dès le départ cette sorte de prêtresse indigène aux bras-branches, qui semble déjà tout savoir de ce qui va se passer.
Si le récit fascinera sans doute les plus petits, c’est avant tout par ses aspects picturaux, non pas dans le dessin des humains eux-mêmes, mais dans la représentation colorée des créatures et surtout celle des décors. Car les formes courbes de la jungle, adoptant des aspects géométriques (spirales, répétitions de motifs, symétries…), principalement dans les bleus et verts, répondent en négatif à l’aspect de la ville, plus anguleux et aux couleurs plus chaudes. À noter aussi la belle manière de traiter les ombres, par un simple changement d’intensité des couleurs, le long d’une même limite droite, ainsi qu’un très beau passage où les traits deviennent ensemble de points blancs lors d’une chanson sur la jungle et le désert. Séduisant par son héroïne volontaire, combative et à l'écoute, comme par certains personnages secondaires (le fourmilier blanc et sa langue maladroite), "Mu-Ki-Ra" assure à la fois le dépaysement et un message humaniste nécessaire.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur
