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MOON

Un film de Kurdwin Ayub

Un malaise tenace

Synopsis du film

Après 20 ans de pratique dans les salles autrichiennes, entre judo et klickboxing, Sarah, est contrainte de passer de l’autre côté de la cage. Elle postule sur internet pour enseigner sa discipline à une riche famille du Moyen-Orient. D’abord logée dans un hôtel, au 28e étage, elle est ensuite conduite dans une demeure somptueuse, où elle rencontre un homme qui lui fait signer une clause de confidentialité, lui interdisant notamment les photos et l’usage des réseaux sociaux. Elle fait alors la rencontre des trois sœurs, qu’elle doit coacher. Mais leur envie d’apprendre à boxer n’est pas évidente…

Critique du film MOON

"Moon" démarre dans une certaine insouciance, alors que le personnage de Sarah, autrichienne, attiré par l’appât du gain et le dépaysement, plaisante avec ses amis sur le port obligatoire du voile ou de la burqa, qui pourrait « devenir une marque de fabrique » pour cette kick-boxeuse qui a accepté un job pour une famille riche au Moyen-orient. Puis rapidement c'est une ambiance pesante que Kurdwin Ayub ("Sonne") impose, entre l'aspect aseptisé de l'hôtel où elle est hébergée, l'absence de nouvelles de son chauffeur, le peu de communication de la part des hommes, et l'attitude des trois sœurs, plus intéressées par une glandouille sur canapé face à la télé, que par les efforts de l'entrainement. La découverte de cet univers étriqué, en apparence artificiel, crée l'inquiétude, entre absence de wifi, un centre commercial désert, ou l’interdiction de se rendre à l’étage de la villa. Et le comportement soumis et passif des trois sœurs, Shaima, Fatima et Nour, ne fait qu'attiser la curiosité de notre protagoniste, au fort caractère.

Thriller ouaté, "Moon" pose la question de l'ingérence dans un système étranger, créant une sorte de parabole politique autour de cette famille contrôlée par les hommes. Source de danger, mais aussi synonyme de responsabilité, l'implication signifie ici immersion dans un secret de famille, et trouve sa symbolique dans le long tunnel rouge aux effets stroboscopiques que parcourt Sarah en boite de nuit, alors qu'elle doit faire face à un événement tragique et aux conséquences de ses actes. Générant un réel malaise, "Moon", produit par Ulrich Seidl, refuse intelligemment de conclure quant au dessein de cette femme qui parle trop, habituée à vivre dans une société plus transparente, soulignant cependant ce qu'il y a de masochiste à refuser de détourner le regard.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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