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MON TEMPS

Un film amateur… Peut-être trop?

Synopsis du film

Vivant à Paris, Yassine, dit Murdock Junior, est un jeune fraîchement licencié qui se retrouve au début de sa vingtaine à devoir déjà conjuguer dure réalité de la vie avec sa passion pour le rap. Alors qu’il touche le fond, il fait la rencontre de Shams, ingénieur son, qui va l’aider à s’exprimer via la musique…

Critique du film MON TEMPS

Sortie le 21 juin 2025 sur Dailymotion et YouTube

Dès son carton d’introduction le film présente son projet et assume dors et déjà ses défauts : c’est un projet né de la passion de son créateur Yassine Le Coustumer pour le Rap. Financé à l’aide de fonds personnels et réalisé avec le cœur, ce prologue écrit pointe la sincérité de la démarche et la débrouillardise de son jeune cinéaste. Nous suivons alors l’auteur-réalisateur dans son propre rôle, passant de périodes de chômage à des emplois peu intéressants (centre d’appel, employé de la RATP pour collecter les avis des voyageurs…) et comment au milieu de ce système qui broie tout ce qu’il touche, Yassine rappe de temps à autre dans une MJC avant d’être repéré. Mais le chemin du succès est pavé d'embûches et de coups foireux.

Nous voilà face à un pitch somme toute classique, avec ce parcours social partagé entre une triste et morne réalité, et l’envie de s’élever, de s’offrir mieux et de peut être, avec de la chance, s’accomplir. En toute franchise, l’auteur de ces lignes n’est que bien placé pour savoir ce que c’est que de monter un projet avec trois francs six sous (ici quand même 20 000 euros) et de tenter l’expérience filmique. Nous ne sommes pas là pour descendre les créateurs qui tentent par tous les moyens et grâce au pouvoir de leur passion de réaliser leurs rêves. En partant de ce postulat nous ferons fit des acteurs qui passent du plutôt bon (Yassine lui-même, son père, Hardy) au risible, cela fait partie évidemment du lot de ce genre de projet, le but étant de trouver des étincelles dans la narration ou la mise en scène, voire les deux.

Malheureusement le film opte pour un format, le Scope, qui ne convient pas réellement à cette volonté quasi documentaire de relater la jeunesse d’aujourd’hui, perdue dans un système qui ne répond à aucun des besoins de cette génération laissée pour compte, entre violences policières et chômage grandissant. On sent là plus une envie de « faire comme un vrai film », mais rarement le cadre prend son sens avec ce format. Pire, on sent une image peu sûre d’elle quant à comment organiser son plan avec ses fameuses bandes noires (beaucoup de têtes coupées, de valeurs bâtardes…). Les problèmes également de mise au point sont légions et on ne pourra que conseiller de ne pas utiliser la mise au point automatique. Cela se ressent plus dans des plans fixes, où le point cherche son repère constamment. Le son, alors composante essentielle du métrage, n’est également pas poli comme il le devrait et relève certains gros problèmes de mixage et de bruits qui finissent de nous désintéresser de l’ensemble, pas aidé par une narration mollassonne qui se permet d’être divisée en trois chapitres (passé, présent et futur).

Avec ses 1h18 au compteur, ses fâcheuses manies de l’ellipse et l’étirage plus que nécessaire de certaines séquences, ces défauts de "Mon Temps" ont eu raison de nous et de notre patience. Encore une fois, ce sont des défauts inhérents parfois aux premiers films et à ceux de cette trempe là, mais il est dommage que de voir autant de surplace et de faux enjeux (hormis dans la dernière partie avec l’ingé son qui ne donne plus de nouvelles) pour conclure une histoire d’une manière abrupte et artificielle. Reste une bande son agréable et des moments chantés plutôt intéressants, mais affublés d’une mise en scène contre-productive (de dos, en plan fixe avec une lumière bleutée) qui reflète finalement assez bien un des messages du film. Dans une industrie aussi agressive que celle de la musique, le pauvre Yassine n’arrive pas à se faire produire et même lorsqu’il croit avoir gagné, sa victoire a été achetée. Alors il s’enferme dans une spirale de violence (issue de la famille, selon le film) où la réponse se fait à coup de souris d’ordinateur (oui oui) et continue à faire son rap dans son coin, on imagine. Avec un résultat si peu valorisant et bourré d’erreurs techniques, il sera compliqué effectivement de renverser les grands de ce monde si vorace. Comme disait Gandy « quand je perds, j’apprends ». On ne souhaite qu’une chose c’est que l’équipe apprenne et revienne mieux armée la prochaine fois.

Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur

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