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MON ONCLE FRANK

Un film de Alan Ball

L’homosexualité dans les années 60-70

Caroline du Sud, été 1969, Elizabeth avait 14 ans et le seul membre de sa grande famille qui lui prêtait réellement attention était son oncle Frank. En 1973, âgée de 18 ans, elle part à New York pour ses études. Après un repas entre ses parents, Frank, et celle qu’il présente comme étant sa compagne depuis 5 ans, elle croise celui-ci lors d’une soirée et découvre qu’il est en réalité en couple avec l’organisateur de la fête, un homme prénommé Walid, et ceci depuis 10 ans…

Mon Oncle Frank film movie

Sortie le 25 novembre 2020 sur Amazon Prime Video

"Mon Oncle Frank", récompensé du Prix du public au dernier Festival de Deauville, fait le portrait, au travers du regard de sa nièce, jeune fille s’éveillant au monde, d’une famille dans laquelle l’oncle, homosexuel, méprisé par le père, tâche de garder sa vraie vie à distance. Au travers de l’entrée de la jeune femme dans la vie étudiante et de l’enterrement du grand-père, c’est ainsi toute une époque qui est passée au crible de la fine plume d’Alan Ball, créateur des séries "Six Feet Under" et "True Blood".

A l’image de son héroïne, au départ relativement naïve, ce sont les apparences qui sont mises initialement en avant. Des apparences construites sciemment pour s’acheter une paix sociale, mais aussi pour se protéger de la Loi, qui condamnait alors l’homosexualité (voir le repas avec la fausse épouse, plaisantant elle-même sur son statut de « juive » exotique...). Au fil des découvertes d’Elizabeth, c’est une réalité plus difficile qui se fait jour, de la différence de comportement générationnelle (dans les agissements du petit copain de l’héroïne par exemple…) à la considération comme une maladie (avec la relation ouvertement tendue avec le grand-père), en passant par les risques légaux (l’enregistrement séparé des deux amants dans un motel sous peine de dénonciation…) ou la répression sociale, tout comme religieuse.

Offrant une belle réflexion sur la notion de famille, "Mon Oncle Frank" creuse aussi celle de la culpabilité, tout cela dans une ambiance aux couleurs volontairement passées. Un voyage pas si lointain permettant de mieux saisir l’évolution des droits et de l’intégration des homosexuels, qui se double de la naissance d’une belle complicité entre un oncle et sa nièce. Et un joli rôle, tout en retenue, pour Paul Bettany. Que demander de plus ?

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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