MIKUSU MODAN
On choisit pas ses parents, mais on peut choisir sa famille
Synopsis du film
Yuto a 18 ans et, après avoir participé à un petit délit, se retrouve en centre de détention pour mineurs. À sa sortie, il est recueilli par un couple qui tient un restaurant d’okonomiyaki . Alors que Sono, la femme de Hiro, essaie d’avoir un enfant, Yuto apprend que son père a déménagé et l’a laissé en plan…
Critique du film MIKUSU MODAN
Un okonomyiaki est une sorte de pancake japonais. Dans ce cadre, "Mikusu Modan" peut se traduire par « mélange moderne ».
C’est effectivement un mélange moderne de personnages mal assortis et avec un peu de guingois dans leur vie qui se rencontrent, s’entrechoquent et tentent de s’accorder, tous unis par un besoin, un « longing », celui du titre international : celui de faire « famille ».
Yuto n’a pas de mère, et perd bien vite son père au cours du récit. Sono et Hiro, après une fausse couche, continuent d’essayer d’avoir un enfant tout en recueillant de jeunes repris de justice pour les mettre au turbin au restaurant. Et Yukiha, jeune fille de 17 ans, elle aussi fraîchement sortie de détention, finit par se retrouver face au dilemme d’accepter ou non d’être jeune mère.
Toutes ces vies cabossées se cherchent et s’effleurent, se heurtent. Filmées caméra à l’épaule, sans fard, elles se laissent observer avec la lenteur d’un désir inassouvi. Ce fameux « longing » qui consume en silence et prend son temps pour aboutir.
« Tu choisis les enfants que tu veux sauver ! » s’insurge Sono face à son mari, qui semble plus passionné à participer à la rédemption de ces enfants adoptifs qu’à la conception difficile d’un hypothétique enfant à naître pour son couple.
Toshizo Fujiwara prend son temps pour tisser ce canevas familial qui aboutit, sur un coin de cuisine près du feu, dans un apaisement du « longing » : la perspective d’avoir trouvé, peut-être, un nouveau foyer.
David GossartEnvoyer un message au rédacteur
