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MICROSTAR

Un film de Léopold Kraus

L’influence de l’amour

Synopsis du film

Un influenceur fauché qui rêvait de devenir comédien rencontre, après un énième échec en casting, un garçon issu de la jeunesse dorée parisienne. Il y voit alors l’opportunité d’accéder à ce monde de fantasmes. Mais sa place ne sera pas facile à trouver dans cet univers dont il ne maîtrise pas les codes…

Critique du film MICROSTAR

Premier long-métrage de Léopold Kraus, "Microstar" s'attaque à un sujet que le 7ème Art français préfère souvent survoler avec un certain mépris : la génération des influenceurs, ces jeunes gens qui monnaient leur visage et leur quotidien sur les réseaux avant même de savoir ce qu'ils veulent vraiment faire de leur vie. Et souvent la comédie ne cache pas une incompréhension totale de cette nouvelle culture, à l’image du récent "The Giaccomo". Ici, ni dédain ni fascination, le film ne se voulant pas comme un pamphlet mais plutôt comme un cinéma de la rencontre amoureuse, ne capturant jamais ses protagonistes comme des victimes du système ou comme des opportunistes cyniques. Dans le parcours de cet influenceur sans le sou, aspirant acteur, pénétrant subitement la jeunesse dorée parisienne, c’est avant tout le portrait d’une jeunesse fracturée qui en ressort.

Et c'est précisément dans cette zone grise que le métrage trouve sa meilleure matière. En mettant en scène la rencontre entre Gabriel et Stanislas, héritier tranquille d'un monde où l'ascension sociale ne se mérite pas mais se transmet, "Microstar" esquisse les dialogues impossibles entre deux réalités qui ne peuvent se comprendre, sans jamais chercher à caricaturer leur comportement, souvent issu d’un héritage socioculturel, et assumant même une ironie mordante (Abraham Wapler et Raïka Hazanavicius étant eux-mêmes issus de familles installées dans le milieu). Si tout n’est pas parfait, le premier passage derrière la caméra de Léopold Kraus démontre une vraie maîtrise du ridicule, un sens aiguisé de l’humour, où l’influence revendiquée de Woody Allen et surtout de Louis C.K. l’amène à porter ses personnages dans des zones scénaristiques récréatives, et donc forcément touchantes.

Porté par le même rythme que celui de cette époque TikTok qu’il dépeint, le film déborde de générosité, se perdant parfois un peu dans son propos, entre la satire du milieu de l'influence, la romance et quelques sous-intrigues (celle par exemple de la marque de bijoux). Dans cette surenchère narrative, cette comédie romantique semble parfois expédier ses enjeux comme si elle avait peur de devoir les assombrir. Il n'empêche : porté par un casting au diapason et une écriture qui frappe juste niveau dialogues, "Microstar" signe une entrée en matière prometteuse pour son réalisateur, nous livrant une chronique sincère d’une génération qui confond peut-être parfois followers et amour, mais qui n’en demeure pas moins connectée à sa nature sociale et aux engagements que cela implique.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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