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MES FRÈRES ET MOI

Un film de Yohan Manca

Un petit Billy Elliot dans le Sud de la France

C’est les vacances d’été et pour Nour, plus jeune frère d’une bande de quatre, c’est déjà le début des déboires, le garçon se retrouvant rapidement à devoir repeindre les murs de son collège. Mais ces travaux d’intérêt général vont le mener jusqu’au cours de Sarah qui derrière son piano entonne la Traviata…

Mes frères et moi film movie

Pour son premier long-métrage, Yohan Manca adapte la pièce de théâtre « Pourquoi mes frères et moi on est parti… » de Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, qu’il avait d’ailleurs déjà montée et jouée à 17 ans. Un retour aux sources ou au terroir de ce qu’il a de plus fort à partager pour un premier film au cinéma : l’amour d’une fratrie, l’art comme vecteur de salut, les banlieues loin des clichés dont les mass médias se font généralement l’écho… Yohan Manca installe sa scène dans le Sud de la France mais peu importe où exactement, le film pourrait très bien se passer dans n’importe quel lieu. L’histoire prend vie dans une époque récente, sans la préciser non plus, mais peu importe quand, car le vrai sujet du film est la transmission, un thème universel qui touche tout le monde, partout, tout le temps.

Nour, Abel, Mo et Hedi sont donc quatre frères qui habitent dans une petite cité près de la mer, et quand l’été arrive, la période des petites combines débute pour ramener de l’argent à la maison où la maman est alitée et le père tout simplement absent. Sauf que cette saison ne va pas tout à fait être comme les autres. Un invité de marque se manifestera : Guiseppe Verdi et sa Traviata dans un cours de chant ! C’est de là que viendra cette transmission qui va se propager comme une contagion pour Nour. Quand la professeure détecte chez le gamin un don pour le chant lyrique, elle ne cessera de le porter et de le guider vers cette potentielle porte de sortie artistique qui pourrait bouleverser sa vie. Mais pour le benjamin de la fratrie, rien n’est facile quand on a trois grands frères aux caractères bien distincts, de l’aîné qui se sent devoir porter le costume du paternel au jeune fou ingérable et nerveux, en passant par le deuxième, plus posé et réfléchi.

Yohan Manca livre donc un joli film baigné de soleil, divinement bien interprété et évacué de tous stéréotypes, en portant son regard sur la vie en banlieue, sur l’art dans les quartiers populaires et l’enseignement comme pouvoir de transmission et de vocation. Le film fait indéniablement penser à l’épatant et indétrônable "Billy Elliot" : même environnement social de la classe dite ouvrière, même perte d’un parent, même incompréhension face à un enfant qui sort du schéma traditionnel, même énergie chez la professeure à lutter pour soutenir son apprenti qu’elle sent porteur d’un talent à mettre en lumière, etc. "Mes frères et moi" supportera difficilement la comparaison avec son homologue anglais, mais il saura convaincre par la fraîcheur du propos, de la mise en scène et du jeu des comédiens, tous plus remarquables les uns que les autres.

Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur

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