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LA MERDITUDE DES CHOSES

C.R.A.Z.Y. des Flandres

Dans les années 80, Gunther Strobbe a 13 ans. Il vit chez sa grand-mère, avec son père et ses trois oncles, quatre grands gaillards paumés qui passent leurs soirées au café du coin à étancher des litres de bières, faire de blagues grasses et draguer la gueuse...

Quel surprenant tableau de famille que voilà ! Les 4 frères Strobbe sont tous de véritables poèmes : Pieter, l’aîné, tout en muscles et en moustache ne jure que par sa batte de base ball ; Lowie ramène chaque soir une fille différente dans le lit jumeau à celui de son neveu (sa coupe mulet, à faire pâlir un joueur de la Mannschaft, les fait toutes craquer !) ; Koen, le troisième, est insignifiant tant il est déconnecté de la vie réelle. Seul Marcel, le père de Gunther, est réellement attachant. Pourtant ce n’est pas le dernier à boire et à réaliser des paris stupides. Pas facile de grandir avec de tels repères quand on est un adolescent timide et peu doué pour les études.

Vingt ans plus tard, Gunther est devenu un écrivain sans succès, aigri et triste. Sa copine est enceinte et cela ne lui inspire qu’une réflexion : “Je hais deux femmes dans ma vie. La première m’a donné le jour et l’autre est en train de me faire un gosse !”. Totalement dépressif, il décide de revenir sur son passé, sur l’histoire des frères Strobbe. Construit de façon non linéaire, “La merditude des choses” est un véritable exercice de style. Une auto-analyse d’un homme de 35 ans qui revient par flashbacks sur une adolescence hors du commun. A 13 ans, Gunther était comme le reste de la famille : fier d’être un Strobbe. Sa famille était l’attraction de son village et ses oncles des héros de la démesure. Pourtant, les failles apparaissent rapidement, et cette joyeuse décadence se révèle bientôt être une bombe à retardement qui va détruire sa vie d’adulte.

Adapté du roman autobiographique de Dimitri Verhulst, le film de Felix Van Groeningen oscille avec merveille entre la comédie trash et l’introspection d’un homme blessé. Comme beaucoup de cinéastes belges, le réalisateur ne fait pas dans la demi-mesure, et certaines scènes sont atrocement hilarantes. Les frères Strobbe sont affreux, sales mais pas vraiment méchants, ils sont juste totalement stupides ! Leu quotidien recèle des trésors de dépravation qui vous feront vous esclaffer de dégoût ! Et quand le sérieux reprend le dessus, c’est avec un cynisme poignant. Un film qui révèle toute la “talentitude” d’un réalisateur prometteur. Une œuvre pétillante, amère et sans faux col !

Gaëlle BouchéEnvoyer un message au rédacteur

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