MERCATO
Une affaire en or
Synopsis du film
Driss est agent de footballeur dont le business va de mal en pis. Son joueur phare est interdit de stade à cause d’un scandale autour de la drogue. Ses autres joueurs l’ont lâché. Et un ancien associé lui réclame trois cent mille euros de commission pour une vieille affaire. Driss a huit jours pour trouver cette somme, et pour cela il n’a d’autre choix que de signer un gros contrat…
Critique du film MERCATO
Il paraît queJamel Debbouze rêvait de ce rôle d’agent de footballeur au bord du gouffre. Il serait même à l’origine du projet, celui-ci étant construit autour de son personnage principal. Sans doute voulait-il par là faire preuve de son talent d’acteur et pas seulement de pitre de service. Ce ne serait pourtant pas totalement une nouveauté. On a déjà eu l’occasion de le voir camper des rôles sérieux de manière convaincante. On pense forcément à "Indigènes" de Rachid Bouchareb ou au poétique "Poulet aux prunes" de Marjane Satrapi. En tout cas c’est un pari gagnant. Jamel, ou plutôt monsieur Debbouze, porte le film sur ses épaules d’un bout à l’autre de cette course haletante. Le genre de rôle qui peut valoir une nomination au César… de l’année prochaine.
Pour autant, cette incroyable performance de masque pas le travail du reste de l’équipe, comme ça peut souvent être le cas. Le cinéma est un sport d’équipe, et en l’occurrence le capitaine peut compter sur le talent des seconds rôles. Vincent Rottiers, Monia Chokri ou encore Stéphane Bak montrent qu’ils méritent largement leur place de titulaire. Sans oublier le jeune Milo Machado-Graner, le gamin de "Anatomie d’une chute". Comme quoi ce film n’a pas fini de faire parler de lui.
Au scénario, Tristan Séguéla s’adjoint les services de Thomas Finkielkraut et Olivier Demangel, reformant ainsi l’équipe derrière la série "Tapie", qui explorait déjà les arcanes du foot business. Et on peut sentir à la subtilité du propos, prouvant que ce ne sont pas des néophytes derrière la caméra. Le film dénonce ainsi les méthodes de marketing footballistique tout en montrant la beauté qu’il peut y’avoir dans ce sport. À l’instar du personnage de Driss, vénal et manipulateur mais dévoué au joueur qu’il manage. Un scénario solide auquel on pourra seulement reprocher de tomber dans une mécanique un peu répétitive.
"La surface de réparation", film de Christophe Regin sorti en 2012, décrivait avec une certaine acuité les coulisses du milieu du football. Mais les exemples se font étrangement rares quand on songe à la place prépondérante qu’occupe le football en termes de divertissement de masse. Il manquait sans doute un film référence qui fasse autorité en la matière et ouvre la voie à d’autres films ambitieux. Avec "Mercato" on l’a peut être trouvé.
Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur




