MEMORY OF PRINCESS MUMBI

Un film de Damien Hauser

Une intéressante réflexion sur le rôle de l’IA au service d’un drame futuriste romanesque

Synopsis du film

En 2093, un réalisateur devenu acteur, Kuve, se retrouve à préparer un film avec son ami metteur en scène Damien, dans lequel il tiendra le rôle principal avec Mumbi, découverte en début de casting. Durant ce tournage de « The Saviour« , Kuve et Mumbi vont entamer une liaison amoureuse, la vie pouvant parfois rejoindre ou non la réalité…

Critique du film MEMORY OF PRINCESS MUMBI

C’est une certaine fascination qu’exerce le film suisse aux influences africano-indiennes "Memory of Princess Mumbi", pour peu que l’on se laisse absorber par l’ambiance futuriste, aux paysages envoûtants, et par l’histoire de passion contrariée entre un acteur et une actrice. D’emblée l’on connaît le destin tragique de l’actrice, Mumbi, par la voix-off du conteur, mais aussi le fait qu’elle ait disparu de la vie de Kuve après le tournage. Et l’intrigue, si elle n’apparaîtra pas toujours des plus limpide, nous mènera d’un tournage à un autre, avec cinq ans d’écart, interrogeant la capacité d’un scénario à relater une vie, même avec l’intention de rendre célèbre ou de rendre hommage à une disparue.

Convoquée dans les échanges entre personnages, aux montages comme aux scénarios des différents films dans le film, mais aussi dans les scènes sur fond ver ou supposément à la génération de ces paysages de Nordanien (l’ancienne suisse) avec ses étranges accumulations de chalets, ou des royaumes d’Umata et de Pesa avec ces structures de bois sur pilotis, façon village de pêcheur africain devenu ville tentaculaire, l’Intelligence Artificielle est ici interrogée dans son rapport à l’humain. Elle apparaît aussi comme le vecteur d’un récit plus global, impliquant des guerres, avec ce récurrent écran télé AI Generated, avec du texte sur la droite.

Mais au cœur d’un film, s’il y a comme ici avant tout une histoire d’amour, d’abandon et de perte, c’est seul l’humain qui peut finalement en maîtriser le ressenti et donc la cohérence, aussi imparfaite soit elle. Porté par des interprètes remarquables, de Kuve au rival Prince, en passant par l’ami invisible Damien, "Memory of Princess Mumbi" accouche étrangement de lui-même, porté par voix-off et tournages de différents films ("The Saviour", à la carrière sous un autre nom, "Poor Love", et son propre remontage humain). S’il est certain que tout le monde n’adhérera pas, certains en ressortiront envoûtés.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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