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MAXIMILIEN KOLBE

Un film de Anthony D'Ambrosio

Une structure narrative qui rappelle vaguement "12 hommes en colère", pour un film qui manque un peu d'acuité dans l'écriture

Synopsis du film

Auschwitz, 1941. Suite à l’évasion d’un prisonnier, 10 hommes choisis au hasard sont enfermés dans une cellule, privés de nourriture et d’eau. Ils ne seront libérés que si l’évadé est retrouvé. Parmi eux se trouve Maximilien Kolbe, prêtre catholique, le seul à s’être porté volontaire pour cette torture…

Critique du film MAXIMILIEN KOLBE

Le nom de Maximilien Kolbe n'évoque peut-être pas grand-chose au grand public français. Mais ce prêtre catholique polonais a acquis une notoriété non négligeable auprès de ses coreligionnaires, ainsi que de ses compatriotes, tel le pape Jean-Paul II qui ratifia sa canonisation en 1982. L'extraordinaire histoire de Kolbe a par ailleurs déjà fait l'objet d'une adaptation au cinéma en 1991, avec "Une vie pour une vie", réalisé par Krzysztof Zanussi (grand artisan du cinéma polonais ayant œuvré dans l'ombre d'Andrzej Wajda et Krzysztof Kieslowski) et qui a offert à Christoph Waltz un de ses premiers rôles sur grand écran.

Si le film de Zanussi accordait une part importante au prisonnier évadé, responsable de la séquestration de dix de ses camarades, Anthony d'Ambrosio choisit d'éluder le sujet et de montrer que la punition est davantage due à la cruauté des geôliers, trop contents d'avoir un prétexte tout trouvé. Le commandant du camp avoue lui-même avoir accepté que Kolbe se porte volontaire pour vérifier une de ses théories racistes, tandis que les soldats s'amusent à parier sur le temps qu'il faudra aux détenus pour s'entredévorer. Il suffit en général de trois ou quatre jours. Kolbe et ses camarades enquiquineront les Allemands pendant deux semaines en scandant des chants nationalistes polonais.

Maximilien Kolbe est présenté ici comme le maître d'œuvre de cette résistance passive, tel le pasteur encourageant ses brebis à suivre le bon chemin, celui de la dignité et de l'humanité même face à la mort. À force de sermons et de tendre l'autre joue, il finira par convaincre ses paroissiens les uns après les autres : une structure narrative qui rappelle vaguement "12 hommes en colère". Il manque peut-être un vrai huis clos pour renforcer l'intensité dramatique et surtout plus d'acuité dans l'écriture pour nous faire croire aux revirements psychologiques de ces dix détenus. Ici tout à l'air beaucoup trop simple et donc l'exploit de Kolbe n'en paraît pas vraiment un. L'histoire et ses enjeux sont plutôt bien introduits, mais peinent à convaincre sur la durée. A cela s'ajoute une iconographie religieuse insérée avec un maniérisme forcé dans le dernier tiers du métrage. Un film dont on peut saluer l'optimisme et la foi en l'humanité, mais qui reste malgré tout assez peu mémorable.

Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

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