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MASPALOMAS

D’un placard à un autre ?

Synopsis du film

2018. Vicente, 70 ans passés, vit chez son ami Ramon à Maspalomas, après s’être séparé de son petit ami Esteban. Entre la compagnie de son ami et de son chien Argi, et du sexe sporadique dans les dunes ou dans la back-room d’un bar du Jumbo Center, il trouve par moments de quoi se satisfaire. Pourtant un événement dramatique va le ramener à San Sebastian, où sa fille Nerea, avec laquelle il n’avait pas de contact depuis des années, va tâcher de s’occuper de lui…

Critique du film MASPALOMAS

Découvert en compétition au Festival de San Sebastian 2025, puis passé par le Festival Face à Face à Saint-Étienne, d’où il est reparti avec le Coup de cœur du Jury, "Maspalomas" tire son titre d’une ville très gay friendly du sud de Gran Canarie. Un endroit où des gays de toute l’Europe et particulièrement des hommes âgés, vont faire la fête, profiter d’une température clémente toute l’année et de la plage. S’ouvrant dans les dunes, l’un des lieux de drague les plus connus, passant par le Jumbo Center, ses bars, ses discothèques et ses back-rooms, le lieu semble d’abord être le paradis pour Vicente et son ami Ramon. Mais derrière les apparences de sexe facile, se cache une séparation subie, des élans amoureux ou physiques contrariés, un corps qui ne suit plus, et une situation finalement assez précaire.

Suite à un événement, une ellipse suffit pour retrouver Vicente à San Sebastian, un changement physique marquant un certain « coup de vieux », et la question de son autonomie se posant clairement. Traitant du vieillissement chez les homosexuels, de la perte d’autonomie, du rapport aux autres personnes âgées, y compris dans des institutions spécialisées, "Maspalomas" ne quitte jamais le personnage de Vicente (rôle pour lequel José Ramón Soroiz a reçu le prix d’interprétation du premier rôle à San Sebastian et le Goya du meilleur acteur 2026). Avec un tact immense et sans forcer le trait, c’est la perspective d’un retour au placard qui hante tout le film, le destin de cet homme semblant une parenthèse disparue, entre les reproches de sa fille, un personnel médical et des pensionnaires au machisme assumé. Tendrement, Aitor Arregi et José Mari Goenaga ceinturent leur personnage, scrutant la résignation ou la perspective d’une nouvelle éclosion. Un film nécessaire, touchant, qui passe de la lumière des Canaries à la fraîcheur de la mer de Cantabrie, tout en ne fermant jamais la porte à l’espoir.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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