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LE MARQUIS

L’habit ne fait pas le marquis

Thomas Gardesse, un vendeur VRP en systèmes d’alarmes, est arrêté pour un délit mineur et envoyé en prison. Il s’y fait passer pour Le Marquis, le plus célèbre des cambrioleurs, afin de gagner le respect de ses codétenus. Quinze jours avant la fin de son incarcération, le braqueur Quentin Tasseau le fait enlever, pour bénéficier de ses services sur un énorme coup à Manille. Tasseau le prend pour Le Marquis, et Gardesse va devoir se surpasser pour retrouver sa liberté...

« Le Marquis » ressemble à un film du dimanche soir sur TF1. Il nous attire un peu, il a des allures sympathiques, et il est gentillet, mais inoffensif. Aux commandes de ce « Marquis », Dominique Farrugia, l’ex Nul, reconverti dans l’écriture et la mise en scène avec beaucoup moins de prestige et d’idées qu’Alain Chabat (« Astérix et Obélix : mission Cléopâtre »). On attendait quelque chose d’un peu plus impertinent. C’est juste rigolo. Franck Dubosc fait un peu le clown, mais n’en fait pas non plus des tonnes. Les gags fonctionnent parfois, et surtout, Farrugia réunit tous les poncifs du genre, notamment la femme du truand, bimbo qui n’est là que pour ses formes, et qui est toujours « sans avis ». Farrugia s’en amuse clairement et c’est d'ailleurs l’objet de dialogues abscons, où on l’imagine mort de rire derrière son moniteur de contrôle. Cela rappelle vaguement « la Cité de la peur » avec ses dialogues qui ne servent à rien, mais qui nous font hurler de rires. Cela n’atteint jamais cette puissance ici, mais on s’en contentera. C’est le minimum que l’on pouvait attendre de lui, et c’est ce minimum que l’on aura.

La mise en scène est minimaliste, Farrugia se contentant d’ausculter le visage de ses comédiens. C’est ce qui est en général requis, mais c’est tellement loin du culot d’un Chabat qui revisite toutes ses références sans desservir son propos. On sait gré à Farrugia, cependant, d’un élément important qu’il évite de pousser trop loin : la plupart de ce genre de comédies repose sur un quiproquo débile, mais dont le personnage concerné ne parvient jamais à s’expliquer, et sur 1h30 de film, toutes les excuses sont trouvées pour qu’il ne puisse pas ouvrir sa bouche et s’expliquer, ce qui en général tient peu la route. Ici, surprise ! Dubosc parvient à dire assez vite qu’il n’est pas le Marquis. Le subterfuge intelligent de Farrugia est que celui qui l’engage (Richard Berry) a besoin qu’il soit le Marquis, et donc il le sera, sinon, ils seront tous les deux découpés à la scie circulaire.

Ils échafaudent donc leur plan pour s’exécuter dans leur basse besogne, et on les suit gentiment. Mais, comme le dit le personnage de Richard Berry à plusieurs reprises, « c’est trop facile ». On ne s’attendait donc pas ici à un remake de « l’arnaque », et il y a quelques trouvailles, mais c’est bien trop facile. Et tandis que la fin se rapproche, une seule question nous taraude: qui est le véritable Marquis ?

Ivan ChaslotEnvoyer un message au rédacteur

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