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MAQUISARDS

Pas toujours à la hauteur du projet

Synopsis du film

Le metteur en scène Philippe Chuyen recrute des jeunes dans des Missions locales du Var pour les embarquer dans un projet artistique et mémoriel à l’occasion des 80 ans de la Libération : monter un spectacle à partir du témoignage d’un maquisard local, Gleb Sivirine alias « Vallier »…

Critique du film MAQUISARDS

Plus d’un quart de siècle après son premier long métrage (le génial OVNI "Les Quatre Saisons d’Espigoule"), Christian Philibert reste fidèle à sa Provence natale et continue de construire une filmographie indépendante et méridionale, majoritairement axée sur le documentaire. Pour honorer la mémoire de maquisards héroïques du Var, "Maquisards" échappe à la facilité d’un montage alliant archives et interviews face caméra, préférant raconter cette histoire de manière plus ou moins indirecte, comme une sorte de mise en abyme, en suivant la création d’un spectacle inspiré du témoignage historique de Gleb Sivirine. En désaxant le regard, le réalisateur questionne ainsi la mémoire et sa transmission, au lieu de se contenter de raconter un épisode de la Seconde Guerre mondiale.

Cette démarche permet d’aborder le sujet avec un peu de légèreté malgré sa gravité (sans pour autant manquer de sérieux), et le documentaire parvient à faire un parallèle intéressant entre les doutes et incertitudes des résistants et cette troupe qui avance elle aussi dans un certain flou sur les moyens dont elle pourra bénéficier et les chances de finalisation de son projet théâtral. Le processus créatif s’avère intelligent dans la manière dont le metteur en scène confronte ses jeunes comédiens au récit de Gleb Sivirine, à travers des rencontres (la propre fille du maquisard, des historiens) et surtout en parcourant divers lieux fréquentés par les maquisards de « Vallier ».

Malheureusement, le documentaire finit par décevoir, d’abord à cause de son style, avec son image assez banale qui ne parvient presque jamais à proposer une esthétique cinématographique digne de ce nom, et avec l’usage appuyé d’une musique qui tente vainement de dramatiser le récit au point d’en devenir agaçante ou risible. Ensuite, malgré tout l’intérêt de fond de "Maquisards", le film finit par tourner en rond, voire presque à vide quand, à partir des représentations, il se mut plus en un mélange de making of et de film souvenir, avec des passages qui n’ont guère de pertinence par rapport au projet de départ – à quoi cela nous sert-il, par exemple, de voir les efforts de séduction d’un des jeunes acteurs durant une fête ? Enthousiasmant au début, le documentaire se montre donc de plus en plus poussif. Et malgré un sursaut final, on perd un peu le fil.

Raphaël JullienEnvoyer un message au rédacteur

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