MAOUSSI
Pas maousse costaud
Synopsis du film
Quand sa professeure de danse lui demande d’héberger un musicien pour une quinzaine de jours, celle-ci précise qu’il sera aussi discret qu’une souris. Alors Babette accepte de prêter sa chambre d’ami à Edouard, dit Edo, qui débarque chez elle avec ses valises et son instrument… La Danoise et le Congolais se lient vite d’amitié avant qu’une autre souris ne vienne bouleverser leur quotidien…
Critique du film MAOUSSI
Pour son premier long-métrage, Charlotte Schiøler fait preuve d’une certaine maîtrise du rythme et souvent même du tempo comique, quand sa mise en scène, elle, est fluide, aidée par une utilisation de la musique inspirée et un montage dynamique. Pour ces raisons, on n’enlèvera pas au film des qualités honorables qui feront qu’on passe 1h15 assez amusé entre situations humoristiques et comédie romantique. Le bât blesse quand le film aborde le sujet grave de société qu’est l’immigration. Est-ce par naïveté ou maladresse, mais Charlotte Schiøler se permet des scènes qui mettent mal à l’aise. Ainsi, au début du film, quand elle découvre l’existence d’une souris chez elle, les dialogues empruntent à un champ lexical malaisant de l’invasion « S’il y en a une, il y en a forcément plusieurs, une mère, un père, des frères, des sœurs… » Le parallèle est vite fait… C’est aussi le cas plus tard quand Babette a l’idée de proposer à Edo d’organiser un concert avec des saucisses (oui, oui, vous avez bien lu) d’où il sortira forcément humilié…
On ne peut donc pas dire que le scénario fasse tout le temps dans la finesse… C’est d’autant plus étrange que l’on a affaire ici à deux immigrés : une Danoise et un Congolais. L’histoire ne les traite pourtant jamais à égal. Heureusement, l’alchimie entre les deux comédiens fonctionne parfaitement. Charlotte Schiøler, réalisatrice, co-scénariste et comédienne, rappelle par moments India Hair, que ce soit physiquement ou dans son jeu un peu « lunaire » et souvent « rayonnant ». Face à elle, Moustapha Mbengue, déjà vu dans "Amin" de Philippe Faucon, illumine aussi l’écran, bien que son rôle soit au final assez caricatural. Et puis, cette petite souris, que le couple veut d’abord chasser avant de l’adopter comme animal de compagnie, apporte réellement un gage de comédie bienvenue, symbole de leur relation, même si à la fin, la situation la concernant frôle plutôt le ridicule… "Maoussi" est donc un premier film en dents de scie, qui tantôt enchante, parfois amuse, mais interroge et met mal à l’aise à d’autres moments. Un métrage loin d’être maousse costaud.
Mathieu PayanEnvoyer un message au rédacteur
