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MAN DOWN

Un film de
Avec

God bless America

Récit contemporain mais ô combien classique d’un GI amoché par la guerre, "Man down" n’apporte rien de neuf au genre dans lequel il s’inscrit. Comme à chaque fois, son protagoniste, interprété ici avec force conviction par un Shia Labeouf plus adulte que de coutume, doit subir une double lutte : celle du terrain, avec son lot de responsabilités surdimensionnées et de blessures psychologiques, et celle du foyer familial délaissé, en attente d’un retour sans cesse repoussé. Il est donc en proie à de nombreux dilemmes et conflits intérieurs, rongé – malgré son patriotisme – par le doute et la culpabilité… On a déjà fait plus innovant ou plus intéressant ! D’autant que l’esthétique ampoulée du film, à la photographie plus instagrammée que véritablement crépusculaire, crée une désagréable sensation de surenchère.

Tout n’est cependant pas à jeter. Le film marque des points grâce à son parti pris narratif, passant de la catégorie navet à celle de bon plan TV. En effet, quatre récits s’enchevêtrent assez habilement : celui qui précède le départ à la guerre où Gabriel passe ses derniers jours avec femme et enfant, celui de la guerre elle-même pendant laquelle il est mis à l’épreuve de ses responsabilités et de la distance d’avec ses proches, celui d’un interrogatoire qu’il subit face à son supérieur (Gary Oldman), qui tente de le réformer suite à une opération militaire ayant mal tourné, et enfin celui du présent (du futur ?) qui voit le héros évoluer dans un environnement post-apocalyptique à la recherche de sa famille. Le montage est efficace, l’interprétation de Shia LaBeouf inspirée… Un jeu de dupe se met ainsi en place. La relative insipidité du film s’oublie au profit d’un spectacle de bonne foi.

Reste que "Man down" sera vite vu et vite oublié. S’il réussit passablement à captiver son auditoire, voire à provoquer quelques émotions fulgurantes, le film ne parvient jamais à sortir des rails de son académisme. Un constat qui se confirme notamment dans sa dernière partie, véritable concentré de cinéma mainstream américain, faisant se succéder twists, scènes de bravoure grandiloquentes et final larmoyant.

Sylvia GrandgirardEnvoyer un message au rédacteur

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