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LOVE ME TENDER

Un portrait sans concession de femme en lutte, porté par l’impressionnante Vicky Krieps

Synopsis du film

Clémence est séparée, mais pas encore divorcée, de son mari Laurent, avec lequel elle partage la garde de leur fils Paul. Après que celle-ci ait annoncé à Laurent qu’elle a des histoires d’amour avec des femmes, elle ne s’aperçoit pas tout de suite que les rendez-vous avec son fils s’espacent. Jusqu’à ce que Laurent l’assigne en justice afin d’avoir la garde exclusive de Paul…

Critique du film LOVE ME TENDER

Librement adapté du livre de Constance Debré, datant de 2020, "Love me Tender" est un film qui prend son temps. Celui de détailler chacune des étapes de la lutte d’une mère pour continuer à voir son fils régulièrement, deux heures quinze de métrage étant nécessaires à bien faire comprendre toute l’énergie mise par le personnage dans cette lutte, au détriment de tout temps personnel ou de toute réelle relation. Un personnage accaparé par ce lien qui tient encore à peu de choses, mis à mal par les manœuvres d'un mari (absent de la plupart des scènes, caché derrière son avocat…), par la lourdeur d’une justice tantôt suspicieuse, tantôt sourde à certains arguments. Sans jamais cependant juger de ces procédures, avant tout là pour protéger l’enfant, Anna Cazenave Cambet ne quitte jamais son personnage principal, la présentant d’emblée comme capable d’endurance par des plans au ralenti dans une piscine, symboles initialement de force et de liberté.

Cette héroïne c’est Vicky Krieps ("Plus que jamais", "Corsage") qui l’incarne, dans son exigence de droiture, son refus d’abdiquer, avec une transformation physique progressive qui traduit l’épuisement, au fil de cette intrigue où l’ulcération va progressivement faire place à l’émotion. Construit comme une histoire de deuil, le personnage passant par tous les stades - incrédulité, incompréhension, révolte, résignation -, "Love Me Tender" est un drame douloureux qui fait avant tout le portrait d’une femme affirmant sa liberté jusqu’au bout. Sans concession vis à vis des personnages secondaires, de la bouleversante Monia Chokri en amante meurtrie de ne pouvoir aider et obtenir une véritable place dans la vie de Clémence, à Antoine Reinartz, mari blessé dans son amour propre et refusant tout lien à celle qui lui préfère les femmes (son geste maladroit du début n’est qu’un signe d’incompréhension, quand son monologue plus tard ne fait qu’exprimer sa propre frustration…), en passant par Viggo Ferreira-Redier, interprète touchant de Paul, dont on entendra ici que les élans positifs envers sa mère, les éloignements passant toujours par d’autres (juge, avocat, père…). Une manière sans doute de laisser planer, à l’image de la déchirante conclusion, la possibilité du maintient d'un lien, malgré tout ce qui sépare, blesse, humilie, épuise…

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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