LONDON

Avec Bobby Sommer...

Un niveau de paresse rarement atteint

Synopsis du film

Un homme retraité fait les trajets en voiture entre Vienne et Salzbourg pour rendre visite à un ami hospitalisé. Un voyage de près de 350 kilomètres, sur lequel il prend des passagers en stop et échange avec eux…

Critique du film LONDON

Que dire de "London", film autrichien dans lequel on suit pendant près de 2 heures, dans la monotonie de plans loins de la moindre inventivité, un chauffeur et ses passagers, échangeant sur leurs origines, leurs parcours et l’état d’un monde, dans un désordre paresseux, seules quelques pauses (une aire d’autoroute sous la neige, la visite improvisée d’un chantier, un moment en ville avec de la musique…) venant finalement nous tirer, paradoxalement, de la torpeur qui s’installe. Car pourquoi s’intéresser au final à ce patchwork de jeunes et vieux, de migrants ou déplacés, de travailleurs ou chômeurs, censés représenter, on suppose, un échantillon d’humanité, auquel l’auteur semble lui même donner la parole dans une succession anodine, exempte de réel sens, comme de sens de l’observation.

Que tirer dans le fond des réflexions, balancées au visage du spectateur en vrac, sur le « pourquoi on se bat », sur une grande sœur comme modèle, sur un père aux avis trop tranchés… ? Que penser des bribes d’infos données sur cette femme roumaine ou cette femme bosniaque exilée économique, cet homme demandeur d’asile africain, ce jeune qui va rejoindre sa copine ? Difficile de garder la moindre impression dans ce gloubiboulga, même lorsque de petites provocations pointes le nez ("Avatar" comme chef d’œuvre marxiste, un chantier comme « ce qu’un Nazi aurait voulu voir »…). Rapidement le dispositif agace et les échanges désintéressent, se contenant de livrer du côté du chauffeur un paresseux constat :celui-ci est quand même content de sa vie (en comparaison, on suppose), même si vieillir est difficile. Quelle révélation !

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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