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LIVING TWICE, DYING THRICE

Un film de Karim Lakzadeh

Une satire pas suffisamment maîtrisée pour piquer efficacement

Synopsis du film

Trois mineurs survivent à l’effondrement d’une mine. Ils décident alors de se faire passer pour morts afin que leurs familles touchent une indemnisation. Mais comment prouve-t-on sa disparition lorsque nous sommes bien vivants ?…

Critique du film LIVING TWICE, DYING THRICE

Une main poussant une pierre dans un amas poussiéreux. C’est ainsi que s’ouvre le nouveau long métrage de Karim Lakzadeh, sélectionné à l’ACID en cette 79ème édition du Festival de Cannes. Nous sommes en Iran, et plus précisément au cœur d’une mine juste après son effondrement. Trois survivants se demandent alors si ça vaut le coup de révéler au monde la bonne nouvelle lorsqu’on sait qu’ils ne toucheront absolument rien pour avoir, une énième fois, évité le pire. Alors que s’ils étaient décédés, leurs familles pourraient toucher une très belle indemnisation de compensation. L’idée germe en quelques secondes, ils se feront passer pour morts, leurs proches toucheront le pactole, et ils reviendront ensuite en profiter tous ensemble. Un plan sans accroc comme dirait l’autre. Oui, mais et si ce n’était pas si simple que cela de prouver qu’on a disparu lorsque nous sommes toujours là ?...

Satire assumée de la situation du pays du Moyen-Orient, et critique généreuse du pouvoir en place, du sort réservé à la population et des rapports de classes sociales qui ne cessent de s’accentuer, "Living Twice, Dying Thrice" se rêve en fable burlesque où la folie des protagonistes est supposée se suffire à elle-même. Malheureusement, le résultat ne sera jamais à la hauteur de ses promesses initiales, la faute à un manque de maîtrise de son récit, multipliant les détours et les personnages secondaires pour finir par tristement patiner. On comprend bien la volonté du cinéaste à embarquer ses héros dans un very bad trip déjanté pour pouvoir multiplier les discours politiques, mais le manque paradoxal de rythme et les errances scénaristiques empêchent l’ensemble d’avoir la rage et la fougue nécessaire à une telle entreprise.

À l’image de ces rôles féminins, cantonnés à un archétype symbolique d’une liberté perdue, le film confond parfois l’idée et sa mise en place, préférant enchaîner les saynètes plutôt que de les exploiter véritablement. La démarche est charitable, on sent une envie de repousser les limites de son intrigue et du réel au fur et à mesure de son intrigue, mais la mise en scène pas toujours élogieuse et des artifices trop visibles viennent condamner ce drame barré à un exercice de style maladroit. C’est dommage parce que de ces personnages hauts en couleurs, hors-la-loi par nécessité, il y avait matière à nous offrir un pamphlet bien plus aiguisé.

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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