LIBRE ÉCHANGE

Rires en libre service

Synopsis du film

Alors que Carey voit sa femme demander le divorce, il se réfugie auprès de ses amis Julie et Paul pour trouver du réconfort. Il découvre alors que ceux-ci sont dans une relation libre. Et si cela était la clé du bonheur ?

Critique du film LIBRE ÉCHANGE

Après le remarqué "The Climb", Michael Angelo Covino s’est vu une nouvelle fois offrir les honneurs d’une sélection au Festival de Cannes et d’une place en ouverture du Festival de Deauville. Si dans ce précédent métrage, il était déjà question d’une amitié forte entre deux hommes, d’une infidélité et d’un traitement par le prisme de la comédie de thématiques comme la masculinité et l’évolution de la famille, "Libre échange" pousse tous les curseurs, lorgnant nettement plus du côté des frères Farrelly que de Woody Allen. La séquence d’ouverture pose d’ailleurs le ton de cette œuvre désopilante et loufoque : alors qu’ils sont sur le chemin pour aller rendre visite à un couple d’amis, Carey et Ashley discutent dans la voiture. Lui est persuadé d’être encore en pleine lune de miel. Elle, est plus à se dire qu’il serait déjà temps de divorcer. Plus la conversation avance, plus Carey tombe des nues, n’arrive pas à maîtriser sa colère et ses émotions face aux révélations de son épouse. Les répliques sont aiguisées, le burlesque parfaitement amené, le rythme millimétré.

À l’image de cette introduction, le film de Michael Angelo Covino sera une leçon de comédie où l’outrance rime avec bon goût, où chaque débordement trouve habilement sa place dans ce puzzle érotico-déjanté et où les surprises ne cesseront de se multiplier pour nous accorder un divertissement total. Si l’humour est aussi ravageur, c’est précisément parce qu’il ne cherche jamais à juger les pratiques de ses protagonistes, mais simplement à s’en amuser, avec une démesure rare dans la production américaine contemporaine. Il aurait été facile de tomber dans une certaine morale en traitant du sujet ô combien tendance du couple libre, mais le réalisateur réussit à toujours rester du bon côté, là où les répliques sont irrévérencieuses, les situations volontairement grotesques et où la caricature se limite à son objectif premier : faire rire.

S’appuyant sur un scénario à l’efficacité redoutable, "Libre échange" brille aussi au niveau de la mise en scène, avec plusieurs moments mémorables, dont une bagarre que nous ne sommes pas près d’oublier. Multipliant les gags visuels et les effets de miroir, ce film rafraîchissant et jouissif enchaîne les trouvailles pour sans cesse surprendre le spectateur, amener les personnages dans des positions toujours plus inconfortables, où les petits détails viennent bousculer les grandes théories de la romance. Et si le métrage a été tant applaudi à Cannes, c’est aussi grâce au numéro des comédiens, tous au diapason d’un résultat jubilatoire et détonant. Mine de rien, Michael Angelo Covino et Kyle Marvin s’imposent, en seulement deux projets, comme l’un des duos les plus intéressants à suivre pour ceux qui aiment titiller leurs zygomatiques dans les salles obscures. Vivement le prochain rendez-vous !

Christophe BrangéEnvoyer un message au rédacteur

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