LES SAISONS

Un film de Maureen Fazendeiro

Une Histoire de l'Alentejo entre moments poétiques et passages plutôt abscons

Synopsis du film

Une Histoire subjective de la région de l’Alentejo au Portugal, au travers des histoires légendaires que se racontent les plus âgés, de lettres qu’échangèrent des archéologues allemand à la fin et dans l’après guerre, et de l’évolution des lieux autour des immuables dolmens…

Critique du film LES SAISONS

"Les Saisons" est un documentaire à la construction difficilement lisible, proche de l'expérimental, signé d'une des co-scénaristes de "Grand Tour" de Miguel Gomes, Maureen Fazendeiro. Mêlant images d'archives, reconstitutions, captations d'histoires que se racontent et transmettent les plus âgés, lectures d'échanges épistolaires entre un couple d'archéologues allemands (entre 1944 et 1960) et leur université d’origine, le film tourne en permanence autour des habitants de ce secteur, son passé, ses légendes, tout en montrant avant tout à l'image des éléments de nature : rochers arrondis ou saillants, troupeaux de chèvres, lapins prenant possession des dolmens...

Ensorcelant et délicat lorsqu'il évoque certaines légendes, alors qu'un berger parcourt des rochers envahis de fleurs à la recherche d'une chèvre égarée, ou que l’on navigue de nuit sur un cours d’eau, ou lorsque que l'on se retrouve noyé au milieu des sons de cloches d'un troupeau agité, le film est beaucoup plus abstrait lorsque les lettres des archéologues (ou les réponses qu'elles amènent) reviennent ou lors d’une séquence de superposition de plans et de schémas techniques (un passage au demeurant assez hypnotique). Bien entendu, les allusions à un homme torturé à tort, à la Dictature de Salazar, à une Seconde Guerre Mondiale qui se termine, se font échos au fil du métrage, mais l'ensemble restera relativement hermétique pour qui ne connaît ni la région, ni l'Histoire du Portugal. Reste une sorte de rythme apaisé, comme assommé par la chaleur estivale (et symbolisé notamment par la tradition qu’est la sieste), qui invite au repos et à une forme de contemplation d’un lieu dans lequel la nature semble reprendre ses droits sur l’humain.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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