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LES PISTOLETS EN PLASTIQUE

Une comédie avec ses moments déjà cultes

Dans un aéroport, alors qu’il est sur le point d’embarquer avec sa femme, Zavatta, profileur réputé, surnommé le « ninja de la police », croit reconnaître l’homme le plus recherché de France : Paul Bernardin. De leur côté, deux « enquêtrices du Web », Léa et Christine partent en Haute Savoie sur les lieux de son célèbre crime, espérant résoudre le mystère de sa disparition…

Comédie de clôture de la Quinzaine des Cinéastes, "Les Pistolets en plastique" est le nouveau film fantasque de Jean-Christophe Meurisse, réalisateur de "Apnée" passé par la Semaine de la critique, et surtout "Oranges sanguines" passé par les séances de minuit cannoises. Dans le même esprit que le précédent, le film fonctionne un peu comme une série de sketches, reliés certes par une intrigue inspirée ici du cas de Guy Joao, arrêté par erreur à Glasgow, après avoir été pris pour le célèbre Xavier Dupont de Ligonnès, mais qui invite ainsi pour notre plus grand plaisir nombre de « guest stars ».

S’ouvrant sur une scène remarquablement écrite, d’autopsie, mettant en scène Jonathan Cohen, "Les Pistolets en plastique" réjouit d’emblée, apportant son lot de dialogues absurdes et de références, et assumant ses aspects ironiques. S’en suivent des apparitions de Nora Hamzawi dans un avion, en femme enceinte plutôt sans filtre, ou celle de Vincent Dedienne en flic dépassé, dont la visio avec la police danoise est juste un régal d’incompréhension mutuelle… Ces moments de folie viennent ainsi casser un peu le rythme d’une intrigue principale qui n’évite pas quelques ventres mous, qu’ils concernent les deux enquêtrices web plutôt flippantes (« reconnues enquêtrices Facebook de grade 4 », elles sont le symptôme d’un monde où l’internet permet à tout le monde de prétendre être un expert), alors qu’elles s’alcoolisent, ou lorsque débarque le désagréable personnage de la commissaire Hammer, plutôt vénère.

Si l’on parvient à oublier la difficilement supportable musique façon orgues qui envahit de nombreuses scènes, ou les passages avec Laurent Stocker en Argentine dont on peut questionner l’utilité, on s’amusera tout de même beaucoup des références régionalistes gratuites (« On est pas en Ardèche », « Dijon restera toujours Dijon »…), des grands écarts entre situations tendues et discussions d’apparence banale (le couplet sur les vérines est un joli moment d’absurdité…), des malheurs de ce pauvre accusé à tort, et de ce duo improbable d’enquêtrices du dimanche, auquel les deux actrices Delphine Baril et Charlotte Laemmel, membres de la troupe de théâtre de Jean-Christophe Meurisse « Les Chiens de Navarre », apportent ce qu'il faut de folie. Un film parfaitement calibré pour l'exercice des zygomatiques durant la fête du cinéma.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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