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LES ORPHELINS

Un film de Olivier Schneider

C’est comme "L’arme fatale", mais français !

Synopsis du film

Leïla, une jeune adolescente de 17 ans, voit sa vie bouleversée lorsqu’un accident de voiture provoque le décès de sa mère. Prise dans une quête de vengeance, elle se voit épaulée par deux amis d’enfance, anciens amours de jeunesse de sa défunte mère. Gab et Driss sont alors embarqués dans une chasse à l’homme qui pourrait bien se retourner contre eux. L’un est flic et l’autre du mauvais côté de la barrière : pas sûr que l’entente soit leur meilleure arme…

Critique du film LES ORPHELINS

Chef cascadeur sur des productions de hautes volées telles que la saga James Bond sur "Mourir peut attendre" (2021) et "Spectre" (2015), Olivier Schneider fait partie de ce nouveau type de cinéastes d’action pratiquant autant l’art de la chorégraphie de combat que son imagerie ou sa mise en scène. Responsable déjà d’un long métrage, "GTMAX" (sorti sur Netflix en 2024), mettant en scène courses de motos à fonds les ballons et voltiges spectaculaires, le cinéaste s'essaye aujourd’hui à un genre typique des années 1980-1990 comme "L’Arme fatale", "Die Hard" (notamment le 3, "Journée en Enfer"), le buddy-movie. Il en reprend effectivement les principes en mettant en scène ces deux anciens copains devenus ennemis et forcés de travailler ensemble sur une affaire qui dépend plus du cœur que du code pénal.

Le film peut donc être fier de son idée de casting consistant à réunir Alban Lenoir dans la peau de Gab (la trilogie "Balle perdue", "Goal of the dead"), nouvelle tête d’affiche de l’actioner français musclé, et Dali Benssalah incarnant Driss, à la carrière caméléon entre drames intimistes ("Je verrai toujours vos visages", "Athena") et castagnes bourrines (souvenez vous, c’est lui le sous fifre dans "Mourir peut attendre" avec l’œil biométrique). Les deux compères sont évidemment un gros point fort du métrage, autant par la sincérité de l’interprétation que par la vraie physicalité qu’ils apportent au film. Les séquences d’actions s’en voient renforcées et touchent à l’épique grâce à ce défi d’équilibriste que de filmer des scènes de tôles froissées avec une sensation de tangibilité indéniable.

Que ce soit Driss qui saute dans une cage d’escalier pour agripper un assaillant ou Gab qui tente de passer les rapports d’une voiture qui tombe en rade lors d’une course poursuite, tout paraît lourd et suintant l’huile de moteur et la transpiration. Grâce à un montage qui sait laisser les plans durer et découper de façon rythmée quand il le faut, "Les Orphelins" peut avoir le titre de la comédie d’action de l’année du côté anglophone. Suzanne Clément (actrice fétiche de Xavier Dolan, vue dans "Laurence Anyways" ou "Mommy"), ici en antagoniste principale, est un vrai délice. Elle campe cette cheffe d’entreprise au succès monstre mais délaissant un fils qui se voit faire l’erreur de sa vie. Partagée entre son côté protecteur et son égoïsme glaçant vis -à -vis de son petit empire, elle réussit à créer une méchante tout en nuance dont les explosions de colères se font rares mais impactantes. Le bras droit increvable, autre leitmotiv de ce sous genre du film d’action, joué par Romain Lévy (déjà dans un rôle similaire dans "Le secret de Khéops") apporte à nos deux héros son lot d’obstacles et un supplément d’enjeux dramatique bienvenu. Et malgré ses gros sabots d'action bourrine, "Les Orphelins" a quand même pour lui une certaine retenue dans l’émotion et évite de tomber dans le piège de ses autres congénères qui se prennent trop au sérieux. On ne peut que conseiller une telle réussite, qui prouve qu’on sait aussi bien faire que les autres dans le domaine de l’action. Cocorico.

Germain BrévotEnvoyer un message au rédacteur

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