LES FILLES DU CIEL

Quatre jeunes actrices au diapason

Synopsis du film

Héloïse, qui aura bientôt 16 ans, se fait courser par un agent de sécurité dans une galerie marchande. Mallorie lui vient en aide en prétendant que celui-ci l’a frappé et qu’elle est enceinte, lui permettant de s’échapper. Plus tard, la nuit tombée, elle la retrouve allongée sur un banc et lui propose de la suivre. Héloïse se retrouve alors dans un appartement de cité, au 8ème étage, où vivent aussi deux autres jeunes femmes, Mona et Jenna…

Critique du film LES FILLES DU CIEL

"Les Filles du Ciel" s’ouvre en caméra portée, imprimant d’emblée un sentiment d’urgence autour du personnage d’Héloïse, jeune fille qui n’a pas encore 16 ans et se retrouve à squatter avec trois jeunes femmes plus âgées, dont l’une a un bébé. Une situation que les scènes suivantes vont éclairer, entre fugue d’un foyer, liaison cachée avec un éducateur, et potentielle grossesse. Rapidement le scénario permet de se prendre d’affection pour cette petite bande, sorte de sororité installée dans un appartement (le fameux « ciel » du titre est le surnom de celui-ci, gravé dans l’ascenseur à côté du bouton du 8ème étage…) où les règles sont simples : ne pas ramener de problèmes, partager l’argent, ne jamais mentir. On se doute bien entendu que toutes seront transgressées avant la fin du métrage, permettant à chacune et avant tout à Héloïse, de (re)trouver sa place.

Si certains points auraient mérité d’être clarifiés (il faut par exemple un moment avant de comprendre que Jade n’est pas le bébé de Mona, mais de Mallorie…), si d’autres paraissent un peu insuffisamment traités (les conséquences policières de la fugue du foyer, l’attitude de l’éducateur, la relation amoureuse de Jenna…), le scénario parvient malgré tout à nous embarquer dans cette histoire d’émancipation. On regrettera cependant que le film soit par moments un peu trop explicite sur ses messages, qu’il s’agisse de la scène finale qui appuie justement sur « l’émancipation » du personnage principal, ou la manière dont celle-ci semble sortir soudainement de son mutisme et de sa réserve pour devenir tout à coup parfaitement à l’aise avec des hommes plus âgés. Il faudra en tous cas compter à l’avenir sur ces quatre actrices, qui portent le long métrage sur leurs épaules, avec en tête Shirel Nataf ("Les Têtes Givrées" et déjà incroyable dans "Ma Frère") dans le rôle de la grande gueule Mallorie, Héloïse Volle dans celui de la candide Héloïse, Yowa-Angélys Tshikaya dans celui de la protectrice et mature du groupe Jenna, et Mona Berard dans celui de Mona, dont les pulsions auraient aussi mérité d’être un minimum développées.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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