TOP : 10 FILMS MARQUANTS DE LA CARRIÈRE DE JODIE FOSTER bannière © Claire Fridkin (licence CC-BY-SA-4.0)

LES ENFANTS VONT BIEN

Un film de Nathan Ambrosioni

Un drame de bonne tenue sur l’abandon et le sentiment qui va avec

Synopsis du film

Suzanne débarque chez sa sœur Jeanne, avec ses deux enfants Margot et Gaspard. Jeanne est un peu surprise car elles ne se sont pas vues depuis deux ans. Mais le lendemain matin, Suzanne a disparu, laissant une lettre où elle indique qu’elle confie à sa sœur ses enfants et qu’il ne faut pas chercher à la retrouver. Jeanne essaye alors de l’appeler de multiples fois, se rend à son appartement, et finit par aller voir la police. Là, on lui dit que comme les enfants lui ont été confiés, ils ne sont pas en danger et c’est donc le droit de Suzanne de disparaître. Aucun avis de recherche ne pourra être émis…

Critique du film LES ENFANTS VONT BIEN

Présenté entre autres au Festival de Sarlat, où le jeune interprète Manoâ Varvat, qui joue le petit Gaspard, a reçu le Prix d’interprétation masculine, "Les Enfants vont bien" est un drame sensible porté par Camille Cottin et deux enfants formidables. Débutant en gardant la mère, Suzanne, incarnée par Juliette Armanet ("Partir un Jour"), hors champs, ou en ne montrant que des parties anonymes de son corps, la mise en scène incarne d’emblée la future absence de celle-ci. Dans une ambiance au léger malaise, elle suggère ensuite, par un visage flou dans un miroir embué de la salle de bain, la réalité de sa proche disparition, qu’un « je suis fatiguée » suivi d’une étreinte maladroite, semble presque justifier. Puis à la panique initiale succédera la découverte et la compréhension progressive, non pas du geste, mais de la situation.

Se focalisant sur le désarroi de la sœur, formidable Camille Cottin, qui incarne une lesbienne refusant tout engagement, mais ici confrontée aux nécessités de deux enfants qu’elle connaît à peine, le film va ensuite nous transporter d’embûches quotidiennes en longues démarches administratives. Misant moins sur leur insupportable durée, contrairement à l’ulcérant "Love Me Tender" - où il est là question à l’inverse pour une mère de retrouver son fils (et où Monia Chokri joue également, comme ici, une petite amie de l’héroïne) - , "Les Enfants vont bien" se fait plus léger, la protagoniste apprenant à s’adapter à ces gamins qui réagissent chacun à leur manière à cette présence imposée... et au vide laissé par leur mère.

Empli des doutes du personnage, le film n’évite pas quelques écueils (l’attitude du gendarme incarné par Guillaume Gouix, certes généreuse, mais finalement pas développée…), mais parvient à toucher par la fragilité des liens qu’elle est capable de développer. C’est ainsi qu’un simple plan large, au restaurant, sur Jeanne et son ex, qui garde ponctuellement les enfants, assises chacune d'un côté et de l'autre de la table, met fin soudainement à la possible proximité retrouvée entre les deux personnages, les éloignant physiquement après une succession de champs - contrechamps. Ajoutant sur la fin quelques scènes particulièrement touchantes, Nathan Ambrosioni ("Toni en Famille", "Les Drapeaux de Papier") réussit au final à filmer le manque, avec une certaine habilité.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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