LES ENFANTS DE LA RÉSISTANCE

La guerre expliquée aux enfants, par des enfants qui font la guerre

Synopsis du film

1940, dans une petit village au cœur de la France. La défaite de l’armée française et l’arrivée de l’occupant allemand crée la stupéfaction parmi la population. François, du haut de ses huit ans, n’a pas l’intention de rester inactif face à l’injustice nazie. Aidé de son meilleur ami Eusèbe et de Lisa, une réfugiée recueillie par sa famille, il se lance dans une série d’actions pour contrarier les plans de l’envahisseur et réveiller l’ardeur des habitants du village…

Critique du film LES ENFANTS DE LA RÉSISTANCE

L’adaptation de la série de bandes dessinées créée par Vincent Dugomier et Benoît Ers semblait taillée sur mesure pour Christophe Barratier. Elle permet à celui qui s’était fait remarquer avec "Les Choristes", puis plus tard avec "La Nouvelle guerre des boutons" et "Le Temps des secrets", de renouer avec son thème de prédilection qu’est l’enfance, ainsi qu’avec un cadre historique. Christophe Barratier respecte la vocation pédagogique du matériau d’origine. Les premières minutes suffisent pour s’en convaincre, avec cette rapide remise en contexte historique illustrée par une carte de l’Europe façon cahier de coloriage. Ne cherchez pas d’analyse géopolitique pointue ou de dissection de l’idéologie fasciste, tout se déroule à hauteur d’enfant, mais c’est très réussi.

Certes les adultes n’apprendront rien grâce à ce film. Ils risquent même de soupirer face aux explications appuyées d’éléments qu’ils connaissent déjà pour les avoir vu dans moult autres films sur la Seconde Guerre Mondiale (les réfugiés pendant la bataille de France, la gestapo, les prisonniers portant les initiales KG…). Mais malgré un fond assez simpliste, Christophe Barratier parvient à adopter un ton sérieux, voire très dur par moment. Si la mort n’est jamais montrée frontalement, elle est omniprésente et plane comme une menace au-dessus du jeune protagoniste, qui la craint davantage pour sa famille que pour lui-même. Le personnage démontrant ainsi une certaine maturité affective en même temps qu’une inconscience du danger qui pèse bel et bien sur lui, pour un portrait de l’enfance d’une rare justesse.

Mais la drôlerie est tout de même bien présente, s’incarnant particulièrement dans certains personnages que dans d’autres. Tel le maître d’école un peu couard sur les bords joué par Julien Pestel ou le grotesque cafetier collabo interprété par Julien Arruti (issu de la bande à Fifi), tous deux bien habitués de ce registre. Notons également la présence de Gérard Jugnot, dont c’est la cinquième collaboration avec Christophe Barratier, en curé qui organise maladroitement des parties de foot pour les enfants. L’aspect sérieux est incarné par un Pierre Deladonchamps en maire de village humaniste, et surtout par Artus qui campe admirablement un mutilé de la Grande Guerre, bourru et taciturne. Son personnage à lui seul démontre la possibilité d’évoquer des sujets profonds dans un film clairement destiné à un jeune public. Ce mélange de sérieux et de légèreté, de pédagogie et d’impact émotionnel, devrait convenir à la fois aux enfants et aux parents. Un film parfait pour une sortie ciné pendant les vacances de février.

Benjamin BidoletEnvoyer un message au rédacteur

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