LES CHAILLĖES DE L’ENFER
Un documentaire intéressant, mais plombé par ses choix musicaux
Synopsis du film
Dans les vignes de Condrieu et d’Ampuis dans la vallée du Rhône, non loin de Vienne, Christine Vernay a pris la suite de son père, surnommé le « pape » de Condrieu. Avec ses employés et les saisonniers des vendanges, elle lutte pour maintenir une tradition bio, ainsi que pour garder en vie une vigne très âgée…
Critique du film LES CHAILLĖES DE L’ENFER
"Les Chailllées de l’enfer" n’est pas le premier documentaire à tenter de traiter des difficultés des vignerons (conditions météo aggravées par le dérèglement climatique, concurrence d’exploitation industrialisées, maladies et nuisibles, importance du terroir…) ou de l’amour du métier. Après entre autres "Mondovino", "La Révole nature", ce film se concentre sur une seule exploitation mythique de Condrieu, dont les terrasses situées le long du Rhône et orientées au sud produisent notamment le fameux Côte-rôties. En partant de la première journée de vendanges, se terminant par l’attente de la patronné un verre à la main devant les premières gouttes issues de la pressée, comme un élément de suspense concernant la qualité du nouveau cru, Léo Boudet revient en arrière d’un an, en décembre 2021, pour passer en revue presque mois par mois le travail devant être effectué au fil d’une année dans les vignes.
C’est ainsi que le taille des cèpes, la gestion des périodes de pluie exceptionnellement abondantes ou celle des gelées tardives, ainsi que finalement les vendanges au delà du mois de septembre, seront doucement détaillées. Si en nous présentant au fil des étapes différentes personnes employées sur site, on sent bien la passion pour les différents métiers qui entourent la production du vin, on n’apprendra finalement pas grand chose de la tâche de chacun, les explications se limitant au strict minimum et restant souvent abstraites pour le spectateur. Et malheureusement, si le centrage sur une seule exploitation fait légèrement film d’entreprise, ce sont surtout les choix musicaux qui s’avèrent usants, appuyant trop sur des éléments de potentiel suspense, avec passage aux tambours presque incongru, et surtout ronflement sous-jacent accompagné de sortes de signaux sourds qui donnent la désagréable impression qu’un téléphone en mode vibreur ne cesse de sonner. À trop vouloir intégrer du suspense là où il n’y en a pas systématiquement, le résultat s’en ressent forcément.
Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur



