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LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI

Un film de Michel Leclerc

Quand Michel Leclerc donne dans la comédie... pour enfants

Synopsis du film

1651. La fronde menace le futur Louis XIV, alors adolescent âgé de 12 ans. Sa mère, la Reine Anne d’Autriche organise sa fuite, afin de le cacher quelque temps. Elle est aidée en cela par le célèbre mousquetaire D’Artagnan, qui le confie à son ami Savinian de Cyrano de Bergerac. Celui-ci, qui le trouve trop voyant et mal élevé, va l’intégrer à une troupe de théâtre dans laquelle figurent Madeleine Béjart et Molière…

Critique du film LES CAPRICES DE L'ENFANT ROI

On était habitué à voir Michel Leclerc donner dans la comédie à fond social, souvent grâce à des dialogues savamment travaillés ("Le Mélange des genres", "Le Nom des gens"...), s'emparant ainsi de sujets d'actualité : engagement politique, violences sexuelles... Le voici qui étonne avec ce film présenté en séance spéciale au dernier Festival de Cannes, du côté de la salle Varda et du ciné de la plage. Un film sélectionné à la dernière minute, qui met du baume au cœur, rappelant un cinéma de cape et d'épée bien français, teinté ici de comédie et d'enjeux plutôt contemporains : Molière est ici plutôt fluide niveau sexualité, alors qu'il courtise Madeleine et que Cyrano craque pour lui.

La comédie, qui mélange les allusions littéraires sans complexe, possède un certain rythme, et bénéficie d'un casting parfaitement composé. Artus en Cyrano est particulièrement touchant dans son désarroi, flanqué d'un petit roi irritant mais bientôt débrouillard (belle révélation que Niels Hamel-Brochen). Franck Dubosc a ce qu'il faut de fausse modestie, Doria Tillier excelle en mère dirigiste, Nemo Schiffman est surprenant dans sa fougue dragueuse, quant à Suzanne de Baecque elle confirme son grain de folie dans un rôle bien retord de cousine entrepreneuse avide d'héritage.

Si les scènes de combats à l'épée ont un peu de mal à assurer le rythme, les rebondissements seront légions. Et derrière la pantalonnade, dont la tonalité s'adresse plus aux enfants, quelques sujets contemporains sont tout de même évoqués, comme la liberté des femmes ou la dépénalisation de l'homosexualité. Avec un double niveau de lecture, s’adressant lui aux adultes, le film se pare de bons mots souvent signifiants, en termes de critique du métier (« ces comédiens qui se prennent pour des acteurs »), de considération politiques (« un bon petit avec une couronne sur la tête peut devenir un monstre ») ou d'allusions contemporaines plutôt cocasses (« on a jamais vu un petit roi tomber amoureux de sa prof de théâtre » deux fois plus âgée...). Quand au « grand remplacement », qui consiste ici à utiliser un sosie, il vous rappellera forcément quelques lectures.

Olivier BachelardEnvoyer un message au rédacteur

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